Primaire à gauche

Primaire de la gauche : la boîte à gifles est ouverte !

Colonel à la retraite
 

Deux gifles en une semaine, cela fait tout de même beaucoup. Pour Manuel Valls, qui pratique la boxe, cela doit être difficile à encaisser. C’est en effet une gifle, pour celui qui était Premier ministre il y a moins de deux mois, puisqu’il arrive derrière Benoît Hamon au premier tour de la primaire. Au moment où j’écris ces lignes, Hamon obtiendrait plus de 35 % des voix contre 31 % pour Valls. Arnaud Montebourg obtient la troisième place avec 18 % et vient d’appeler à voter pour Hamon. Mais cette gifle, ou plutôt ce coup de poing qui pèse 53 % (les scores additionnés de Hamon et Montebourg), atteint aussi – et peut-être surtout – François Hollande et son quinquennat.

Comparée à cette gifle, la claque des petits candidats à cette primaire n’est qu’un soufflet amical, à hauteur de leur gentille participation à la compétition. Au fond, Jean-Luc Bennahmias, avec 1,6 %, fait mieux en pourcentage que Jean-François Copé. Il a donc bien mérité un petit chichon récréatif ! Sylvia Pinel obtiendrait 1,6 % et va pouvoir retourner, satisfaite, dans sa réserve d’Indiens que constitue le Parti radical de gauche. Allez, elle a bien mérité une investiture ! François de Rugy, avec près de 3,5 %, ne fera pas rimer sa particule avec le ridicule. Vincent Peillon, totalisant près de 6,5 %, va rejoindre le Parlement européen qui ne s’est sans doute même pas aperçu de son absence. Les forces en présence, en ce soir du premier tour, lui permettent-elles de jouer le faiseur de rois ? Pas certain. Le roi de quoi, d’ailleurs ? De quel royaume ? Un Parti socialiste crépusculaire qui pourrait avoir pour décor Sigmaringen !

Sauf surprise, donc, Benoît Hamon devrait emporter cette primaire. Au programme : un revenu universel et toujours plus d’immigration. Que du rêve, en somme : panem et circences. On confirme : le socialisme est bien une maladie infantile.

Il paraît que ce serait une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron. Voire. Le dernier sondage Ipsos-Sopra-Steria, en date du 19 janvier, crédite l’ancien ministre de l’Économie de 17 % si Benoît Hamon est le candidat socialiste. 17 %, c’est 8 points derrière François Fillon et Marine Le Pen, au coude-à-coude autour de 25 %. Il y a donc encore loin de la coupe aux lèvres.

Néanmoins, depuis plusieurs jours, une petite musique commence à se faire entendre : le candidat victorieux de cette primaire pourrait, non pas se désister, mais renoncer à se présenter, au profit d’Emmanuel Macron, afin d’éviter un second tour Le Pen-Fillon. Valls, qui n’a pas hésité à appeler, en 2015, à voter Estrosi et Bertrand, aux élections régionales, n’est pas à un renoncement près, on le sait. Benoît Hamon, qui n’a cessé de combattre la politique économique de Macron, irait-il jusque-là ? On peut tout imaginer.

Ce serait, en tout cas, un nouveau déni de démocratie dont les socialistes, quel que soit leur courant, sont largement capables. Car il faut tout de même reconnaître que cette primaire – procédé certes fort contestable dans notre Ve République – n’a pas été un bide : près de deux millions de participants, peut-être plus la semaine prochaine, si les électeurs veulent porter le coup de grâce à Valls. Le renoncement d’un candidat tirant tout de même une certaine légitimité des urnes au profit d’un candidat, jamais élu, chouchou des médias et gonflé aux sondages, serait une nouvelle preuve que la gauche méprise le peuple dont elle se prétend le défenseur.

Quoi qu’il en soit, la boîte à gifles est ouverte au Parti socialiste !

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