Le Président prend, enfin, des ailes…

Ancien pilote de chasse
 

Enfin ! Après la visite rapide du ministre des Armées sur la base projetée en Jordanie, d’où opèrent nos chasseurs contre Daech, le Président s’est rendu sur la base aérienne d’Istres, plate-forme la plus importante et concentration stratégique de l’Armée de l’air.

En réalité, comme il l’a bien indiqué au début de son discours, il est venu au contact de l’autre composante – l’aérienne – de la dissuasion nucléaire et n’a pas omis de faire allusion aux Rafale embarqués qui concourent également à cette mission, à partir du porte-avions.

Après sa plongée en SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d’engins), il était juste et équitable que les aviateurs reçoivent les compliments et les encouragement du chef des armées. Ce qu’il fit abondamment sous le soleil d’Istres.

Rappel appuyé sur l’importance de cette mission essentielle, « garantie de nos intérêts vitaux », assurée par deux outils « indispensables et complémentaires » qui en assurent la permanence opérationnelle.

Point de développement pédagogique sur ce qu’il considère comme ces intérêts vitaux. Un parterre de militaires n’est pas juge. Pas davantage, sans doute, que leur CEMA ? En revanche, que la « crédibilité » de cet instrument repose sur le professionnalisme des acteurs, il les en a complimentés de manière appuyée – à la limite de la flatterie – en exaltant leur « fierté et leur humilité » avec des coups d’encensoirs répétés.

Ce n’était, certes, pas la tribune pour expliciter ce que le Président de 2017 considère – avec ses stratèges – comme les intérêts vitaux de la France et les potentiels ennemis qui pourraient les menacer. Dans un article précédent, j’évoquais l’absence de débats rénovés, compte tenu de l’environnement international qui ne doit – presque – plus rien à l’époque de la guerre froide. J’ose me répéter car cela paraît fondamental :

« Une question capitale n’a jamais été abordée, qui devient pourtant essentielle dans ce nouveau contexte, alors que le drapeau de l’Union flotte à tous nos édifices à côté des trois couleurs nationales : le parapluie nucléaire français protège-t-il aussi l’intégrité de nos alliés européens ? »
Question et surtout réponse toujours en suspens !

La seconde partie de l’adresse du chef fut, en revanche, très pédagogique et se voulut persuasive, concernant les budgets futurs et les études lancées en automne en vue de représenter une vision stratégique des forces armées, afin que leurs moyens répondent – enfin ? – aux missions qui leur seront assignées. L’avenir parlera, comme d’habitude…

Conclusion en forme de père de famille qui, précisément, va prendre en considération les aspects parallèles et sentimentaux de la condition militaire. Formule choc, il reviendra voir les troupes régulièrement pour leur parler à « hauteur d’homme » !
N’en doutons pas, on l’a vu sur le podium d’étape du Tour de France, à coté et même en dessous des hôtesses honorant de leur grâce publicitaire le porteur du maillot jaune…

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