Culture - Editoriaux - Politique - 8 avril 2018

Le Président Macron prendrait-il le tortueux sentier hollandesque ?

Le Président Macron prendrait-il le tortueux sentier hollandesque de son prédécesseur, risée de la Terre entière et grand donneur de leçons droit-de-l’hommistes ?

La géopolitique est moins simple qu’une fusion-acquisition, me semble-t-il…

Rappelons le cuisant souvenir polonais de Macron : le Premier ministre polonais Beata Szydło a taxé Emmanuel Macron d’arrogance et d’inexpérience. Macron avait estimé que les Polonais méritaient mieux qu’un gouvernement qui trahissait, selon lui, les « valeurs » européennes. La responsable polonaise lui avait alors conseillé vertement qu’il s’occupe des affaires de son pays. « Il réussira alors peut-être à avoir les mêmes résultats économiques et le même niveau de sécurité de ses citoyens que ceux garantis par la Pologne. »

L’audace n’a pas plus payé avec le président turc Erdoğan à propos des Kurdes de Syrie. La proposition française de médiation entre les Kurdes syriens et la Turquie a récolté une mémorable rebuffade assortie d’un tutoiement méprisant : « Qui es-tu pour évoquer une médiation avec une organisation terroriste ? »

Hélas, persevevare diabolicum ! Notre intrépide s’est mêlé de l’organisation de l’élection présidentielle au Venezuela, pays dont les liens historiques et culturels avec la France sont, comme chacun sait, très étroits. Critiquant les conditions de l’élection présidentielle en ce pays, notre Président s’est pris une superbe claque vénézuélienne digne de son glorieux prédécesseur.

Don Quichotte est reparti sur Rossinante. Le ridicule ne tue plus – je serais peut-être mort, mais pas mal d’autres avant moi. Car le plus comique, c’est quand on se remémore que le Président Macron a lui-même été élu par environ un quart du corps électoral français, ce qui est un modèle d’organisation démocratique électorale.

Et de rouler des mécaniques. « La France se tient prête, aux côtés de ses partenaires européens, à adopter de nouvelles mesures si les autorités vénézuéliennes ne permettent pas la tenue d’élections démocratiques. » Vent de panique sur les llanos ! Bolívar, au secours !
Notre Président devrait, maintenant, avoir intégré qu’il existe au monde des États et des nations indépendantes et légitimement fières, qui n’ont que faire des leçons de monsieur Macron. La gouvernance mondiale, rêvée par les « autorités » européennes, Dieu merci, n’existe pas encore.
Hergé, dans sa sagesse, nous avait bien appris (Le Sceptre d’Ottokar) : « Qui s’occupe des affaires d’autrui s’expose à de graves ennuis. »

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