Primaire à droite

Pourquoi il faut éliminer Nicolas Sarkozy !

Gestionnaire de fonds d’investissement
 

Les supporters inconditionnels de Nicolas Sarkozy exultent : en l’espace de deux mois leur candidat a refait son retard sur Alain Juppé et se présente en favori aux primaires de la droite et du centre. Meeting après meeting, on sent comme un parfum de retour de l’île d’Elbe et ce n’est pas de bon augure. Il est grand temps de leur rafraîchir un peu la mémoire car l’affaire est d’importance.

Le 5 Septembre dernier, le parquet financier de Paris a demandé le renvoi de Nicolas Sarkozy devant le tribunal correctionnel pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. Qu’est ce que cela implique? Tout simplement qu’il incombe désormais aux juges d’instruction [Roger Le Loire, Serge Tournaire et Renaud Van Ruymbeke] et à eux seuls de se prononcer sur un éventuel renvoi de l’ex-président de la République devant un tribunal. Sachant que la loi prévoit un délai minimum d’un mois et sachant que cette demande de renvoi adressée aux juges est datée du 30 août dernier, cela signifie qu’à partir du 29 septembre prochain cette décision pourra intervenir à tout moment.

Il est très vraisemblable pour ne pas dire quasi certain que les juges prendront leur décision avant la « primaire ». Il est déjà très délicat pour un juge d’avoir à décider du sort d’un homme politique, alors que dire si celui-ci sortait victorieux de « la primaire » et se trouvait ipso facto propulsé au rang de favori de la course à la magistrature suprême. Non-lieu ou renvoi ? Là aussi, il n’y guère de doute possible, le renvoi devant un tribunal me semble inévitable car le dossier est limpide et le parquet a été fort avisé de ne retenir dans ses réquisitions que le seul délit pour lequel les preuves sont flagrantes, à savoir le délit de « financement illégal de campagne électorale».

En bref, le calendrier judiciaire étant ce qu’il est (s’il est renvoyé devant une cour, Nicolas Sarkozy ne pourra de toute façon pas être jugé et donc éventuellement blanchi, avant le premier tour), les irréductibles supporters de l’ex-président seraient bien avisés, avant d’aller voter le 20 novembre prochain, de se poser la question suivante : désigner Nicolas Sarkozy ne risque-t-il pas d’affaiblir considérablement la droite dans son ensemble ?

François Bayrou a clairement signifié qu’il se présentait si Sarkozy était candidat. Tout récemment par la voix de son chef Jean-Christophe Lagarde, l’UDI a aussi fait savoir que la candidature d’Emmanuel Macron pourrait recevoir son appui. A droite Marine Le Pen peut compter sur ses troupes qui ont encore en mémoire la campagne de 2007, pas une voix ne lui manquera. Maintenant vous ajoutez un Nicolas Sarkozy déjà peu populaire en dehors de son propre camp, non pas simple mis en examen mais déjà un prévenu sous la menace d’une condamnation. Dois-je vous faire un dessin ?

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