Editoriaux - Société - 30 septembre 2018

Pour l’antispéciste Solveig Halloin, l’élevage est un génocide

J’aimerais que notre époque retrouvât un peu de l’esprit classique du Grand Siècle, dont les maîtres mots étaient le bon sens et le bon goût. Qualités dont Solveig Halloin, parmi tant d’autres, semble complètement dépourvue. Invitée, en tant que porte-parole du collectif Boucherie abolition, à débattre il y a quelques jours sur BFM TV avec Romain Lebœuf, vice-président du Syndicat des bouchers-charcutiers traiteurs (cela ne s’invente pas), elle s’est en effet livrée à tous les excès de mauvaise foi, de bêtise et de vulgarité.

Sourcils froncés, criarde, hargneuse, elle coupe à tout bout de champ la parole à son interlocuteur : c’est qu’elle n’est pas là pour débattre mais pour assener son opinion. Une opinion dont elle voudrait nous persuader qu’elle est la Vérité, unique et indiscutable : manger de la viande, c’est pas bien, et l’élevage, c’est très mal. Mais n’allez surtout pas la traiter de « vegan » : alors que le véganisme est un mode de vie « individuel », Solveig Halloin est convaincue de mener « un combat de justice et de civilisation pour abolir le plus grand esclavage de tous les temps ». Rien à voir avec Romain Lebœuf qui, c’est évident, défend seulement et égoïstement son bifteck.

La machine à hyperboles fumeuses une fois lancée, elle s’emballe : après l’esclavage, la Shoah. Solveig Halloin dénonce la « déportation » des animaux. Son contradicteur lui faisant remarquer qu’elle « [insulte] les familles des gens dont les parents ont été déportés », l’indécrottable « animaliste » beugle de plus belle : « camps »« tortures eugénistes »« génocide systémique », et j’en oublie sans doute.

Ces dérapages verbaux sont navrants, mais peut-être moins que l’idéologie totalitaire qui anime Solveig Halloin. Obsédée par l’idée que l’élevage est un « génocide en tant que système », elle reste obstinément imperméable aux arguments de son interlocuteur, qui tente de lui expliquer que ses animaux sont « élevés librement » et qu’il choisit lui-même le mode d’abattage. En tant que boucher, il est un « artisan du meurtre », point barre. Cette « norme éthique » dont il se prévaut ? « C’est comme violer avec empathie », dit-elle 1 Le journaliste ose insister, lui demande prudemment si, en refusant de distinguer entre les différentes formes d’élevage et d’abattage, elle ne serait pas « trop extrême ». Mais puisque que « 95 % des animaux sont dans des camps », répète-t-elle. D’ailleurs, « il faudrait arrêter d’inviter Monsieur, qui est dans l’anecdote ». Quitte à monologuer, autant le faire tranquille. Un monsieur dont, soit dit en passant, le titre de meilleur ouvrier de France ne prouve en réalité qu’une chose : « Vous décapitez avec dextérité. »

Toutes ces gracieusetés ne l’empêchent pas de conclure : « La haine, la violence, ce n’est pas de notre côté : pas d’inversion perverse, Monsieur. » Solveig Halloin se rêve en nouvelle Antigone, celle de Sophocle, qui proclame crânement, mais non sans grandeur : « Je ne suis pas née pour haïr mais pour aimer. » Elle ressemble, en fait, à la « petite peste » d’Anouilh à qui Créon disait : « […] il n’y a pas longtemps encore, tout cela se serait réglé par du pain sec et une paire de gifles. »

Notes:

  1. Pour la petite histoire, c’est cette ancienne militante Femen qui, en avril dernier, avait accusé Philippe Caubère de l’avoir violée huit ans plus tôt.

Cher lecteur,
Chaque jour, nous travaillons d'arrache-pied pour donner de l'information alternative gratuite et de qualité à plus d'un million et demi de personnes.
Ce travail n'existe que grâce à la générosité de citoyens qui ont à cœur de lutter contre
les mensonges du politiquement correct et de rétablir la liberté d'expression en France.
Si vous acceptez d'aider Boulevard Voltaire dans cette mission salutaire pour notre pays, s'il vous plaît cliquez sur le bouton ci-dessous :


D'avance, un grand merci !
L'équipe de Boulevard Voltaire

À lire aussi

Deux mamans biologiques pour une même fillette ?

Au commencement était un couple tout ce qu'il y a de plus banal, d'autres diront de plus r…