28 juin 2018

Pour Gérard Larcher, l’Europe est-elle promise à devenir le camp des saints ?

« L’Europe est en train de se déconstruire sous nos yeux à cause de la crise migratoire », avertissait le président du Sénat, Gérard Larcher, à quelques heures du sommet européen de Bruxelles sur le sujet.

La question est de savoir ce que voulait dire très exactement M. Larcher, attendu que son camp, en dehors des postures électoralistes et politiciennes habituelles, ne s’est, jusqu’à présent, guère signalé à la fois par son courage politique comme par sa volonté réelle d’endiguer l’immigration à destination de notre pays.

Ainsi, le troisième personnage de l’État craindrait-il que l’Europe ne perde son identité, à force d’être ainsi soumise au rouleau compresseur d’une submersion migratoire à flot nourri et continu ? À moins – ce qui est, hélas, plus probable – qu’il ne cherche à mettre en garde le président de la République contre la « lèpre populiste » qui étend inexorablement son noir manteau purulent et ne finisse par contaminer un esprit public européen partagé entre attentisme, indifférence ou résignation…

Les dirigeants européens, les responsables politiques semblent gagnés par une aboulie léthargique qui les paralyse dans leur inaction. Que Larcher suggère, entre autres vieilles lunes, de « travailler avec les pays africains » montre que l’élite aux pouvoirs n’a rien compris ou, pire, s’obstine, par idéologie et sectarisme (pléonasme), à ne rien vouloir comprendre.

Brice Hortefeux, alors ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale sous le mandat de Nicolas Sarkozy, avait mis en place un embryon de politique de retour au pays sur la base du codéveloppement. L’étranger résidant en France devait ouvrir un compte épargne codéveloppement devant lui servir à investir dans son pays d’origine et préparer, ainsi, sa « remigration » volontaire.

Le système fit rapidement long feu car non étayé par une politique plus globale de lutte contre l’immigration, Sarkozy ayant lui-même plombé la chose en imposant à l’opinion le principe d’une immigration « choisie » préférable, de très loin, à une immigration « subie ». Autant dire, en d’autres termes, que Sarkozy s’inscrivait dans le sillon laxiste et immigrationniste de ses prédécesseurs.

Le seul éclair de lucidité, et non des moindres, dont fait preuve le président du Sénat tient dans cette phrase terrible où la prophétie s’annonce avec les accents funèbres d’une funeste promesse : « Des Aquarius, il y en aura des dizaines et des dizaines. »

Éditorialiste au Courrier picard, Jean-Marc Chevauché observe, pour sa part que « ce n’est que le tout petit début de ce qui attend la planète ! La faim ; les guerres que nous favorisons dans des pays exsangues ; les agricultures vivrières des mêmes pays que nous saccageons méthodiquement au nom de la liberté des marchés ; le réchauffement climatique ultrarapide et la montée des eaux vont multiplier le nombre de migrants par 2, 3, 5, 10… ces prochaines années. Le marché libéral auquel nous adhérons a de profondes responsabilités. Il consiste à vendre de l’eau en bouteille allemande ou du bœuf sous vide tué en Roumanie à des peuples qui s’éloignent de leurs coutumes et de leurs producteurs. Le grand marché américain qui nous pilonne nous a appris à agir de même avec les plus faibles. Ceux-là sont en bout de chaîne. C’est pour ne pas crever qu’ils marchent. Prêts à mourir en mer pour changer de vie, ils n’ont peur de rien. Ni des coups, ni des haines, ni des camps de rétention » (28 juin).

On croirait lire du Raspail réécrit par Michéa ! À moins que ce ne soit l’Apocalypse…

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