Editoriaux - Industrie - Politique - 9 juin 2018

Pollution de la Méditerranée : le bon dos des Européens…

La pollution de la Méditerranée revient régulièrement dans l’information, à grand renfort de culpabilisation médiatique du riche consommateur européen, sommé de prendre conscience du désastre. L’ensemble des « spécialistes » va dans le même sens, même si une part des spécialistes, cette fois-ci sans guillemets, tente de montrer autre chose que ce que la correction politique, décidément active dans tous les domaines, veut bien nous montrer.

À y regarder de plus près, les rapports entre les pollueurs ne sont pas ceux que l’on croit. Autour de cette mer, la démographie de l’ensemble des pays riverains a fortement crû, au cours des quarante dernières années, d’environ 50 %. Et cette augmentation est de 14 % sur la rive nord et arrive au doublement sur la rive sud. Cela entraîne une augmentation conséquente de l’installation de ces nouveaux habitants sur les rives, avec à nouveau ce déséquilibre nord-sud. Soit un peu moins de 20 % au nord et près de 85 % au sud. Sachant que les phénomènes d’urbanisation, principales sources de pollution, sont bien mieux contrôlés au nord qu’au sud, où on assiste à des utilisations quasiment sauvages de certaines portions de rivage. Ces grands centres urbains sont évidemment les plus gros pollueurs, avec toujours cette même dichotomie et trois à quatre fois plus de croissance des espaces urbains au sud qu’au nord.

Si, au nord, on a quelques mégapoles de dimensions européennes comme Marseille, Gênes, Barcelone, Rome ou Athènes, au sud, on a des mégapoles de taille mondiale comme Le Caire ou Istanbul, autour de la dixième place planétaire. À l’est, pour la seule Turquie, on dénombre douze villes de plus d’un million d’habitants. L’usage des pesticides, terminant en mer, est largement plus marqué au sud qu’au nord. La pollution, ce sont aussi les métaux lourds, résidus de mines anciennes ou encore en activité et un record, à l’est cette fois-ci, en Albanie, avec 60 grammes de mercure par litre d’eau de mer. Mais encore, nous avons les apports industriels des trois grands fleuves de la rive nord – Pô, Èbre et Rhône – avec leurs rejets industriels d’hydrocarbures, face, tout de même, à 10.000 tonnes par an (au bas mot) de rejets provenant des raffineries en Algérie, où les hydrocarbures représentent plus de 95 % des exportations dans une économie au bord de la ruine. Tout cela fait de la rive sud le principal pollueur de la grande bleue. On peut y ajouter un fort pourcentage des stations d’épuration en mauvais état, et même 60 à 80 % des habitants de cette rive sud même pas reliés à des réseaux d’assainissement.

Créé en 1976, le Plan d’action pour la Méditerranée gère dix protocoles de lutte antipollution conclus entre les vingt et un pays riverains. Mais les bilans sont difficiles à établir car, pour la plupart des États des rives sud et est, il est très difficile d’avoir des informations fiables. Sinon, pensez tout de même à réduire votre consommation de sacs en plastique lors de vos courses.

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