Migrants

La politique culturelle de l’Union européenne au service des migrants


Députée européenne du FN

 

Lors de la dernière réunion de la commission culture du Parlement européen nous ont été présentées trois analyses sur la politique culturelle de l’Union européenne à l’égard des réfugiés. Débordant de compassion humanitaire, elles font toutes le même constat : les projets doivent être au service du bien-être des réfugiés et non de leur intégration. Car les politiques d’intégration, avec leur « approche autoritaire, descendante et stigmatisante », auraient tout du retour aux pratiques coloniales, imposant aux réfugiés ce qu’ils doivent être. Il ne faudrait donc plus intégrer mais inclure, c’est-à-dire faire une place. La société ne serait plus un tout cohérent qu’il faudrait chercher à préserver mais le lieu d’un dialogue interculturel. On ne devrait plus les aider à rejoindre la société mais viser leur autonomie.
 
D’après ces trois analyses, la crise des réfugiés n’est pas une crise sociale et sécuritaire à laquelle doit faire face l’Europe. Il s’agirait seulement d’une crise dont sont victimes les migrants. Ces derniers sont forcément des traumatisés. Toute politique à leur égard devrait donc viser à rétablir leur bien-être et leur confiance en eux-mêmes. Les projets culturels financés par l’Union européenne à l’égard des migrants doivent alors « être le lieu de commémoration et de lamentation ».
 
Selon ces études, la société comme communauté n’existe donc tout simplement pas. Il n’y aurait que des individus avec des droits. Le migrant aurait donc autant de droits que les nationaux, d’où l’obligation de prendre soin de lui, de son bien-être, de favoriser son autonomie. C’est le mythe du libéralisme : il n’y a que des libertés et le rêve d’émancipation individuelle. Logiquement est affirmé qu’« [il] n’y aura pas de futur sans diversité ».
 
La crise migratoire actuelle ne serait pas sécuritaire mais seulement humanitaire : « le véritable état d’urgence est par conséquent le manque d’accès pour les réfugiés à leurs droits humains fondamentaux ». Il faudrait donc lutter contre toutes ces politiques qui pensent qu’un risque pèse sur la cohésion sociale et la sécurité : « Des dispositifs devraient être développés pour établir que les réfugiés ne sont pas un danger pour le bien-être, la culture et l’identité des populations d’accueil. »
 
Et ce combat commence – c’est à la mode – par le langage. Conscient que le terme multiculturalisme ne fait plus aussi bien recette, on parlera désormais d’interculturalisme ou de transculturalisme. Mais, surtout, il ne faudra plus distinguer entre migrant légal et migrant illégal car « le terme “illégal ” ne devrait plus être utilisé pour décrire une personne ». Il ne faudra d’ailleurs pas dire « migrant », trop stigmatisant, mais tout rassembler sous le terme de « réfugié », quel que soit le statut, le mode d’arrivée ou l’origine, tant que l’on vient d’un pays « en crise ». Et même ce terme devra être supprimé : il faut « faire référence aux réfugiés comme “nouveaux Européens” ».
 
Orwell qui, dans 1984, a imaginé le novlangue, cette réduction du langage pour qu’il ne soit plus possible de dire le réel, n’aurait pas fait mieux !

Députée européenne du FN

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