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Une poignée de main qui en dit long sur les certitudes folles du Président français

 

Vendredi 26 mai 2017, le vide qui habite généralement la presse occidentale a été comblé par un geste d’Emmanuel Macron au sommet de l’OTAN à Bruxelles : « Une “féroce” poignée de main » avec le président Trump qui aurait « emballé la presse américaine », selon Le Huffington Post. Une presse qui, outre-Atlantique, a suivi de près l’ascension du candidat modelé par un système dont il ne faut pas dire qu’il existe parce que ce sont là des propos qui « interfèrent avec la démocratie », pour reprendre une phrase de Hillary Clinton !

En France aussi, la lourde et insistante poignée de main de l’Élyséen a fait couler de l’encre : « Il y a un nouveau shérif en ville. Alors que Donald Trump aime imposer sa domination face aux leaders étrangers avec une poignée de main aussi physique qu’interminable, le président américain a trouvé son maître en la personne d’Emmanuel Macron » (source : 20minutes.fr).

Comme disent les jeunes, vous êtes sérieux, là ? Parce que, question virilité, je ne sais pas, vous, mais je miserais plutôt sur Trump ! Bon, mais qu’en est-il ressorti de cet échange entre les deux chefs d’État ?

Il y a eu les inévitables amabilités diplomatiques : « C’est un grand honneur pour moi d’être avec le nouveau Président élu de la France qui a fait une campagne incroyable et obtenu une victoire formidable », côté Trump ; et, côté Macron : « Pour ma part, je suis très heureux aussi d’être avec le président Trump. Nous avons à discuter d’un agenda extrêmement large, qu’il s’agisse de la lutte contre le terrorisme, de l’économie, du climat ou de l’énergie. » La vérité est que les deux hommes ne s’apprécient pas et c’est un euphémisme que d’affirmer qu’ils n’ont pas beaucoup de points de convergence.

Cette poignée de main – où Emmanuel Macron figurait le pot de terre défiant le pot de fer – symbolise le ridicule de la situation : on a, à gauche, un président qui tente de redonner à son pays – le plus puissant au monde – le goût de lui-même en réveillant son identité et, à droite, un président au profil européiste type, à ce point décomplexé qu’il en devient inconscient. Ce geste ne saurait donc nous donner trop d’illusions : Emmanuel Macron est surtout en marche pour solder ce qui reste de la France et non pas la protéger avec la force dont il est dépourvu.

La nouvelle idole républicaine française a de la poigne, c’est entendu, mais de là à croire qu’elle infléchira la politique américaine, il faudrait peut-être redescendre sur Terre ; d’autant que son homologue n’a pas l’habitude qu’on lui dicte sa loi, sauf s’il y a des espèces sonnantes et trébuchantes à la clé, ce qui s’est hélas récemment confirmé en Arabie saoudite, où Donald Trump s’est quelque peu couché pour une grosse poignée de dollars.

Au fait, l’Europe – la vraie, pas celle de Bruxelles – n’est plus le centre du monde depuis bien longtemps. Alors, gare aux gestes déplacés, Monsieur le Président, le Vieux Continent n’a plus les moyens de se les permettre !

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