Société

Plus fun que la chasse aux œufs de Pâques : la chasse aux sextoys

Ancien chef d'entreprise
 

Huit ans qu’elle existe. Et dire que nous n’étions pas au courant ! C’est la chasse aux sextoys, en Belgique, organisée par la société Soft Love, cette année à Wépion. Elle a eu lieu dimanche dernier. Si elle permet de récolter des fonds dans la lutte contre le cancer du sein et l’endométriose, cette journée est aussi (surtout ?) l’occasion, pour les participantes, de « défendre leur liberté d’expression et leur liberté sexuelle », comme expliqué sur le site de la société, afin de lutter contre « les croyances limitatives », explique l’organisateur au micro de RTL, qui perdureraient encore chez nos amis belges…

Il faut les voir, ces centaines de participantes (et 200 hommes déguisés en femmes, condition sine qua non pour avoir le droit de jouer !), hurler, qui des oreilles de lapin rose fichés sur le crâne, qui déguisées en vache, qui en caleçon boxer et soutien-gorge, courir, la bêche à 19 euros à la main vers le champ de quatre hectares pour y déterrer les 800 précieux joujoux ! Il ne vient pas que de Belgique, d’ailleurs, cet Homo festivus qui a fait de sa sexualité l’horizon indépassable de son existence.

Car l’organisation a tout prévu : de France, d’Italie, de Pologne, du Luxembourg, d’Allemagne, des bus sont affrétés pour les donzelles délirant sur une société prétendument sexuellement répressive. En échange des sextoys trouvés ? Des « vibromasseurs, des bougies de massage, des jeux coquins » : que de jolis sentiments, quoi ! Et pour les bredouilles qui se sont échinés à retourner les mottes sans tomber sur cet élégant jouet, « pour combler les envies de chacun », ils pourront toujours se rabattre sur les cours de danses diverses et variées et plein d’activités qui leur donneront chaud…

Mais il y a toujours des rabat-joie : « En cette période de Pâques, c’est très mal passé auprès des catholiques français ! », rapporte le quotidien régional Nord Éclair. Coincés, les cathos français, n’est-ce-pas ? « On est ici pour s’amuser », « chacun est libre de vivre sa sexualité comme il l’entend », les femmes ont le droit de « parler de leur sexualité librement et sans tabou », entend-on ici ou là. Tellement plus marrant de chasser le sextoy plutôt que les œufs de Pâques : au moins, le sextoy, ça dure !

La chasse aux sextoys, c’est comme la chasse aux Pokémon, mais version salace. C’est l’aboutissement accompli de la femme et de l’homme du XXIe siècle, dont la vie ne tourne qu’autour de son nombril… pour ne citer que lui. « On mange, on dort, on fait l’amour et c’est donc la preuve qu’on est tous ensemble pour dire : “On va s’amuser et on s’fait plaisir !” », confirme, béat, l’organisateur de la chose. L’amour courtois peut remballer son bazar.

C’est l’être humain qui, après des milliers d’année d’évolution, s’en retourne, hilare et bête, à ses besoins les plus primitifs érigés en norme et en bien absolus. Sauf que l’homme de Néandertal pratiquait l’art pariétal, enterrait ses morts avec solennité, et que l’homme de Cro-Magnon, Homo sapiens, ne chassait pas des sextoys en plastoc, lui, mais le mammouth et le rhinocéros laineux !

On connaissait le plaisir de la chasse. On a, désormais, la chasse au plaisir. Pas certain que l’humanité progresse…

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