Fontaine repeinte à Hayange : les beaux principes d’Aurélie Filippetti…

Militant associatif et auteur

Fondateur de Riposte Laïque

 

C’est le scandale du jour. Un nouveau Clochemerle à Hayange. Notre ministre de la Culture ne décolère pas. Le très méchant maire du Front national, Fabien Engelmann, a osé faire repeindre partiellement une œuvre d’art (selon les uns), un machin innommable (selon d’autres) représentant une fontaine en granit avec un œuf, place de l’Église. Aggravant son cas, il a utilisé la couleur bleue, ce qui fait dire à l’artiste local, Alain Mila, que cette couleur est proche du logo du FN, et qu’il n’est pas d’accord. Sans doute le rose ou l’arc-en-ciel LGBT aurait-il mieux convenu à ce garçon qui ne cache pas, par ailleurs, sa proximité avec l’ancienne équipe socialiste, à qui il avait vendu « l’œuvre » 8.000 euros en 2001… À entendre les gémissements de notre valeureuse ministre, par ailleurs élue en Moselle, elle aussi : « Cet incident est révélateur de la conception de la politique culturelle qu’ont les élus du Front national et qui appelle à la plus grande vigilance. »

Emportée par sa fougue, souhaitant visiblement se refaire une santé après les épisodes peu glorieux des intermittents du spectacle, la dame Filippetti ose carrément : « Les œuvres ne peuvent être ni modifiées, ni même déplacées, ni a fortiori détruites sans l’autorisation de l’artiste ou de ses ayants droit. Elles ne peuvent en aucun cas être vendues. »

Là, j’avoue que je m’interroge. Qu’un maire ne puisse revendre une œuvre, ni la détruire, ni la modifier sans l’accord de l’artiste me paraît légitime. Mais qu’il ne puisse déplacer des machins hideux que toute la population doit subir me paraît plus problématique.

Mais l’essentiel n’est pas là. Chacun a compris qu’il y a, derrière cette affaire, la volonté de viser la famille politique de la municipalité d’Hayange, pour le plus grand bonheur de journalistes n’ayant plus grand-chose à se mettre sous la dent, en plein été. D’où l’intérêt d’effectuer quelques rappels pour montrer l’imposture de cette polémique.

Où étaient les beaux principes de Filippetti quand les socialistes parisiens, sous l’ère de Delanoë, ont fait disparaître, à l’occasion de l’affreux réaménagement de la place de la République, les fontaines aux Dauphins, les plaçant au dépôt d’Ivry, et jeté à la benne les margelles de l’œuvre ?

Qu’a-t-elle dit, ce samedi, quand les sympathiques admirateurs du Hamas souillaient la statue de la place de la République et osaient, pour quelques-uns d’entre eux, y graver une croix gammée ?

Quels propos a-t-elle tenus suite à la détérioration, la semaine dernière, de la célèbre Maison Carrée de Nîmes (rénovée depuis peu) par des tags de supporters de football montpelliérains ?

A-t-elle protesté quand, en mars dernier, des anarchistes ont décoré de tags le Sacré-Cœur : « Ni Dieu ni maître » ou « Vive la Commune ! » ?

Quelle a été sa réaction, suite au dernier rapport de la Cour des comptes, quand les Français ont appris que 32 œuvres des musées nationaux (peintures et sculptures) et 675 meubles des ateliers nationaux, prêtés depuis des années aux différentes résidences présidentielles, ont été portés disparues ?

Pourquoi ce silence quand, à La Roche-sur-Yon, le conseil général de Vendée, en avril dernier, a fait jeter à la décharge municipale une colonne de 6 mètres de haut d’un artiste nommé Carlos Cruz-Díez ? Dans cette même ville, l’église était profanée par un tag « Jésus la tepu », ce qui est sans doute, selon les critères de Jack Lang, une œuvre artistique…

Que dire de son absence de réaction quand un Iranien de 28 ans a fracassé, le 24 mars 2013, à coups de masse, l’horloge du XIVe siècle de la cathédrale Saint-Jean, sous le prétexte que sa beauté empêcherait les croyants (comprenez les musulmans) de se concentrer pendant leurs prières ?

Quand les Femen s’attaquent aux cloches de Notre-Dame, quand par dizaines les églises sont vandalisées, parfois de manière irrémédiable, notre ministre, là encore, regarde ailleurs…

En avril 2011, Aurélie Filippetti avait eu un malaise, en pleine séance, à l’Assemblée nationale. On espère que la gravité de l’agression contre la culture du très méchant maire d’Hayange n’aura pas, trois années plus tard, les mêmes conséquences chez notre vaillante ministre…

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