Faire le ramadan ou conduire il faut choisir !

Militant associatif et auteur

Fondateur de Riposte Laïque

 

Le ramadan 2014 va donc prendre fin. On fait confiance à Hollande pour envoyer, à l’occasion de l’Aid-el-Fitr, ses bons vœux à la communauté musulmane (ce qu’il ne fait jamais à Noël ou à Pâques), après que Valls ait été historiquement le Premier locataire de Matignon à rompre, ce jeudi, le jeûne à Courcouronnes.

On en voudrait presque aux mauvais esprits qui risquent de gâcher la fête, en s’interrogeant sur le dramatique accident du minibus, dans l’Aube, ayant entraîné la mort de six personnes, quatre enfants et le chauffeur. Ces grincheux s’étonnent des propos du rapport médical, qui évoque un « un faible taux de glucose dans son sang qui aurait pu induire un malaise hypoglycémique et ainsi expliquer la perte de contrôle », et des propos du procureur de Troyes, Alex Perrin, qui, tout en contestant que le malheureux conducteur, Jason Malaquis, ait pu faire le ramadan, a malgré admis que « ce midi, il s’était alimenté très légèrement ».

Nos compatriotes sont désormais habitués aux campagnes moralisantes de la Ligue contre la Violence Routière (LCVR) et de sa présidente, Chantal Perrichon. Celle-ci réclame toujours plus de radars à l’entrée des villes, des vitesses de plus en plus réduites sur les départementales, les nationales, les autoroutes, des amendes toujours plus fortes contre les automobilistes, déjà matraqués depuis dix ans. Ne parlons pas du verre de vin bu le midi avant de prendre la route, et du rêve de ramener le taux d’alcoolémie à 0,2 g, puis à 0… Paradoxe, cette brave dame n’a jamais eu un mot contre la pratique du ramadan, et les risques occasionnés au volant par ses conséquences.

Pourtant, la direction de la RATP du dépôt de Nanterre, interrogée l’an passé, en période du ramadan, par les syndicalistes, admettait des chiffres qui auraient dû inquiéter, outre la dame Perrichon, les autorités : 26,7 % d’arrêts maladie en plus, et 137,5 % d’accidents de travail en plus !

Pour confirmer le propos, le docteur Fouzia Kadiri, présidente de « l’association marocaine du sommeil et de la vigilance », a ces mots particulièrement inquiétants, dans une interview accordée au quotidien Le Matin, le 15 juillet dernier. « Pour ceux qui sont tenus de se réveiller à des heures matinales, une dette de sommeil s’installe et aura pour conséquences des troubles de l’humeur, de la mémoire et de l’idéation avec, chez les personnes prédisposées, l’apparition de troubles psychiatriques. Le manque de sommeil, beaucoup plus que le jeûne lui-même, est responsable d’une diminution des performances intellectuelles, professionnelles et physiques à l’origine de problèmes socioprofessionnels et familiaux. Mais la conséquence la plus grave est certainement la somnolence diurne exprimée au volant par un endormissement lors de la conduite ; une des premières causes d’accident sur la route. »

On s’étonne donc, devant ces risques, qu’aucune campagne ne soit engagée au niveau de la population musulmane, pendant le ramadan. On s’inquiète qu’on puisse confier la vie des passagers de bus, notamment à la RATP, à des personnes que leur pratique religieuse empêche de conduire avec les garanties de sécurité dues aux passagers, mais aussi aux automobilistes et piétons qui croisent leur bus. On aimerait être absolument certain que l’accident du minibus de l’Aube n’a rien à voir avec cette pratique.

En effet, si boire ou conduire il faut choisir, alors, faire le ramadan ou conduire, il faut aussi choisir…

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