17e chambre ou tribunal islamique ?

Militant associatif et auteur

Fondateur de Riposte Laïque

 

Le verdict rendu par la trop célèbre 17e chambre correctionnelle de Paris contre Renaud Camus et Jacques Philarchein devrait interpeller tous ceux qui se réclament des principes laïques et de la défense de la liberté d’expression. Le premier a été condamné à payer 5.000 euros, entre amende et dommages et intérêts, le second à 3.000 euros. Comme je le disais avec humour à l’écrivain, c’est un petit joueur puisque, pour des raisons semblables, j’avais pris, en mars 2012, au total 7.350 euros, tandis que mon ami Pascal Hilout se contentait, lui, de 4.850 euros. Verdict inique, pour lequel nous avons fait appel, avons été rejugés le 5 mars, et nous connaîtrons le verdict de la cour d’appel le 5 juin.

Au-delà de ces sommes, qui sont loin d’être négligeables pour des personnes qui n’ont que leur travail ou leur retraite pour vivre, il est intéressant de s’attarder sur les arrêtés inquiétants du procès Camus-Philarchein. Il faut d’abord rappeler que seul le MRAP avait porté plainte, alors qu’habituellement les associations dites antiracistes chassent en meute.

Selon les magistrats, les propos de l’écrivain « constituent une très violente stigmatisation des musulmans, présentés comme des “voyous”, des “soldats”, “le bras armé de la conquête” », ou encore des « “colonisateurs” cherchant à rendre “la vie impossible aux indigènes”, à les forcer “à fuir”, “à évacuer le terrain”, “ou bien, pis encore, à se soumettre sur place” ».

Premier commentaire, ces propos constituent un grossier mensonge.

Jamais l’écrivain, que cela soit lors de son discours aux Assises ou à son procès, n’a dit cela, bien au contraire. On pourra vérifier sur la vidéo de son intervention combien les juges déforment donc sciemment ses paroles, comme l’avait fait le MRAP dans sa plainte.

Tout aussi grave est la suite. Le tribunal a estimé que, dans « une stigmatisation d’une rare outrance », les propos de l’écrivain présentaient, « sans mesure ni réserve autre que de pure forme », les musulmans « comme des guerriers envahisseurs dont le seul objectif est la destruction et le remplacement du peuple français et de sa civilisation par l’islam ».

C’est encore plus inquiétant. Les magistrats de la 17e chambre reconnaissent que Renaud Camus a émis des réserves et des mesures (autrement dit, qu’il n’a pas englobé tous les musulmans), mais c’est pour mieux l’enfoncer ensuite. Bien que reconnaissant donc la non-globalisation de ses propos, ils affirment que les restrictions et autres réserves ne seraient que de « pure forme » ! Autrement dit, ils condamnent l’écrivain, coupable de dénoncer le Grand Remplacement et le changement de civilisation, pour délit d’intention, bien qu’il ait pris toutes les précautions nécessaires pour éviter que l’on ne lui fasse dire ce qu’il n’a pas dit.

Un tel verdict est tout simplement la mise à mort de toute possibilité de critiquer l’islamisation de notre pays, et même certains musulmans parmi les plus radicaux, comme le font parfois des contributeurs de Boulevard Voltaire et d’autres sites. Vous pourrez toujours, comme le fait souvent Christine Tasin, affirmer que vous ne doutez pas que la majorité des musulmans soit davantage attachée à la République qu’à la charia, si vous avez le malheur de dénoncer l’offensive du voile islamique, des mosquées, de la viande halal et du ramadan, vous tomberez forcément sous le coup de la loi, telle que la conçoivent certains magistrats de la 17e chambre, qui vous feront le coup du délit d’intention.

Subrepticement, procès après procès, sous la pression de nombre d’organisations musulmanes, des magistrats, politisés ou gangrenés par la dictature du politiquement correct, remettent en cause le droit au blasphème et la liberté d’expression, avec le silence complice de prétendus laïques et la complicité d’associations dites antiracistes.

Faut-il rappeler ce que dit l’article 22 de la déclaration des droits de l’homme en islam, adoptée au Caire en 1990 : « Tout homme a le droit d’exprimer librement son opinion, pourvu qu’elle ne soit pas en contradiction avec la charia. »

Faut-il rappeler que les musulmans les plus radicaux demandent, partout où ils peuvent, dans les pays occidentaux, l’ouverture de tribunaux islamiques, où ce seraient les imams qui rendraient la justice, selon bien évidemment les préceptes du Coran. Ils ont essayé d’en implanter dans l’Ontario, à Anvers et à Londres.

En France, cette démarche est-elle nécessaire, puisque certains magistrats de la 17e chambre correctionnelle de Paris ont déjà adopté, par leurs verdicts, l’article 22 des droits de l’homme en islam ?

J’espère vraiment que Renaud Camus et Jacques Philarchein vont faire appel, car sinon, la jurisprudence serait terrible.

Pierre Cassen
Militant associatif et auteur
Fondateur de Riposte Laïque

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