Editoriaux - Livres - Radio - Télévision - 27 mai 2018

Pierre Bellemare nous a quittés : un Français de chez nous, populaire et authentique

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Pierre Bellemare nous a quittés. Né en 1929 à Boulogne-Billancourt, il aurait eu 89 ans le 21 octobre prochain.

Monpazier, Villeréal, Biron, Issigeac : dans tous ces magnifiques villages du Périgord à cheval sur Dordogne et Lot-et-Garonne où on apercevait sa silhouette, on l’aimait bien et on était fier de le compter parmi les célébrités qui avaient adopté ce beau coin du Sud-Ouest. Vraiment intégré à la vie locale, accessible, il acceptait régulièrement d’aider telle ou telle festivité par sa renommée. Depuis quinze ans, Pierre Bellemare avait élu domicile ici, chez nous. Il avait raconté au journal Sud-Ouest, en 2013, comment il était arrivé là :

Pendant quarante ans, nous avons passé de merveilleux étés en Méditerranée, sur un voilier de 17 mètres. Mais l’arrivée de nouveaux riches a bousculé les règles de la courtoisie en vigueur dans la marine. Nous aspirions à un havre plus paisible. […] La forêt, c’est un peu comme la mer, avec son silence et ses bruits. Autre similitude, on peut traverser l’une et l’autre sans chemin balisé. C’est une liberté qui n’a pas de prix. 

C’était aussi cela, la personnalité de Pierre Bellemare. Une voix, une passion, une présence à l’écran et à la radio sans pareille. Une capacité à se réinventer stupéfiante, des années 50 jusqu’à aujourd’hui, comme tous ses confrères le répètent depuis l’annonce de son décès. Mais cette prouesse et cette longévité reposaient sur un contact fort avec les téléspectateurs, c’est-à-dire – osons-le mot – le peuple, qui avait tout de suite reconnu l’authenticité de l’homme, comme ici. Sa proximité. Un lien direct s’était établi. Par la magie du verbe du conteur.

L’invention du télé-achat – souvent raillée – révélait ce lien avec les réalités concrètes de l’existence, plus profond en fait que bien des daubes télévisuelles culturo-prétentieuses complètement creuses.

Sa maison d’ici racontait son ancrage, son enracinement. Elle abritait de nombreux objets de l’art populaire. Une bibliothèque, aussi. Il y avait révélé des classeurs retraçant toute sa carrière :

C’est un press-book de toute ma carrière, constitué en secret par mon père. Ma sœur et moi l’avons trouvé dans la maison familiale après son décès.

Pierre Bellemare cultivait ce lien filial, avec ce père amateur et vendeur de livres d’art. Et aujourd’hui, c’est son fils Pierre Dhostel qui a déclaré, sur Europe 1 :

Chaque été, quand on allait passer des moments dans sa maison des Fonzades [ici, près de Monpazier, NDLR] où il avait souhaité finir sa vie, jusqu’à la dernière minute, il avait toujours en préparation sa rentrée de septembre. […] Ce sera quelqu’un d’irremplaçable… Je suis sûr que tous les Français sont très émus de sa disparition.

Oui, à Monpazier comme dans toute la région et toute la France, nous sommes très émus.

La meilleure part de notre vie télévisuelle s’en est allée avec lui. Mais, plus que jamais, le « concept » de son émission « Vous êtes formidables » de 1955 reste d’une criante actualité : « Montrer ce que l’homme a de beau en lui. »

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