Livre

Abécédaire de la France qui ne veut pas mourir

de Robert Ménard


Magistrat honoraire et président de l'Institut de la parole

 

Robert Ménard a publié chez Pierre Guillaume de Roux « Abécédaire de la France qui ne veut pas mourir ».
C’est un livre vif, réactif, percutant, discutable, intelligent, injuste, courageux, lucide, provocateur. Et bien écrit.

J’en parle parce que Robert Ménard est mon ami.
J’en parle parce que Service Littéraire 1 est la publication de la liberté de l’esprit.
J’en parle parce que Robert Ménard est détesté par les médias officiels et que pas plus l’auteur que le maire de Béziers ne trouveront grâce à leurs yeux.
J’en parle parce que je suis en accord avec Ménard sur beaucoup de ces « entrées ».
J’en parle parce que d’autres me déplaisent au plus haut point.
J’en parle parce que Ménard est insupportable et à la fois brillant.
J’en parle parce que jamais les intellectuels qui comptent – ceux qui sont persuadés de n’avoir pas besoin de la contradiction d’autrui – ne se saliront la pensée en touchant même du bout des doigts et de l’esprit ce livre.
J’en parle parce que jamais Bernard-Henri Lévy n’en parlera dans son Bloc Notes du Point.
J’en parle parce que je hais les étouffements que l’intolérance impose.
J’en parle parce que je suis lassé des admirations clientélistes et des applaudissements corporatistes.
J’en parle parce que je préfère un pamphlet qui bouscule à un petit ouvrage qui fait dormir.
J’en parle parce que cet abécédaire est bien meilleur que sa plaquette sur Le Pen qui se lisait en quatre stations de métro et s’oubliait aussi vite.
J’en parle parce que je n’en peux plus sur Twitter ou ailleurs d’entendre ou lire des gens raffolant de la liberté d’expression pour eux-mêmes mais justifiant la légitimité de la censure pour Robert Ménard.
J’en parle parce que j’en ai envie.
J’en parle parce que Ménard est irremplaçable pour le meilleur comme pour le pire et que tant d’autres sont substituables.
J’en parle parce que les injonctions de la bienséance unilatérale me fatiguent.
J’en parle pour qu’on le lise.
J’en parle parce qu’on ne le lira pas.
J’en parle parce qu’on n’en parlera pas.
J’en parle parce que tout seul.
J’en parle parce que cette France qui ne veut pas mourir est faite un peu de moi.
J’en parle parce que Robert Ménard ne sera pas plus accepté, supporté qu’avant mais qu’il aura eu au moins grâce à moi un peu de justice et de vérité.
J’en parle parce que j’aurais eu honte de ne pas le faire.
J’en parle parce que demain, si j’apprécie son livre, je serais prêt à parler du pire adversaire de Robert Ménard.
J’en parle parce que je suis, je vis et que, comme l’écrivait Scott Fitzgerald, il faut tout dire dans chaque paragraphe avant de mourir.
J’en ai parlé et je ne le regrette pas.

Notes:

  1. Texte initialement paru dans « Service Littéraire ».

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