Hommage de Mme Azoulay à Michel Déon : il aurait mieux valu qu’elle se taise


Magistrat honoraire et président de l'Institut de la parole

 

J’ai pu lire l’hommage rendu par Audrey Azoulay, qui est paraît-il ministre de la Culture, à Michel Déon qui est mort le 28 décembre 2016 à l’âge de 97 ans.

J’aurais pu m’en passer.

J’aurais dû ne pas poser mes yeux et mon esprit sur cet hommage qui n’en est pas un.

Sur cet hommage indécent, équivoque et hypocrite.

Sur cette indélicatesse et cette offense.

Michel Déon est un immense écrivain qui a enchanté ma vie, celle de nombreux lecteurs, un merveilleux créateur de songes, de tendres mélancolies et de rêves, un compagnon pour la jeunesse aventureuse, un complice si fraternel pour tous les âges, un auteur qui nous a fait aimer les îles et les voyages, l’honnêteté, l’intégrité, la grâce et la beauté du style. L’allure.

Ce n’est pas qu’il ait été à l’Académie française depuis 1978 qui était important mais qu’il le méritait.

Cette personnalité unique – pas une voix discordante de la part de tous ceux qui l’ont connue -, le charme et l’urbanité, la tolérance, le respect, la passion d’admirer les autres qui ont honoré la littérature, une absolue modestie – comment les décrire, comment les saluer après sa mort qui va laisser, elle, véritablement un vide pour la multitude qui ont eu besoin de lui pour pactiser avec une vision noble, sensible, généreuse et romanesque de la vie ?

Pour Audrey Azoulay, cela donne pour l’idée force : "Malgré sa proximité avec les thèses de Charles Maurras, il gardait en littérature une totale liberté dans ses choix".

Très jeune, Michel Déon a été le secrétaire de Charles Maurras.

Il était évidemment fondamental de le rappeler pour gratifier ce grand écrivain de 97 ans !

Bien sûr, Michel Déon était de droite et il ne s’en est jamais caché parce qu’à juste titre il considérait qu’il n’avait pas à s’en excuser. C’était sans doute trop pour un pouvoir qui ne révère que par sectarisme.

Je déplore toutes les morts mais quand je me souviens des tombereaux d’éloges officiels sur des clampins des arts et de la littérature !

J’ai encore en mémoire que ce ministre de la Culture avait qualifié de nauséabonde l’interdiction d’un rappeur le jour de la commémoration de Verdun.

Quelle condescendance de la part de ce petit cercle qui hyperbolise quand ça l’arrange et pique selon son bon plaisir !

Il aurait mieux valu qu’Audrey Azoulay se taise.

Michel Déon, avec son sourire si intelligemment ironique et distancié, ne lui en aurait pas voulu.

Extrait de : Hommage à Michel Déon façon Azoulay !

Magistrat honoraire et président de l'Institut de la parole

AUJOURD'HUI SUR BOULEVARD VOLTAIRE

SOUVENIRS

Les commentaires sur cette page sont fermés.