Cédric Herrou condamné : et notre « passeur » national, lui ?

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Docteur en droit

 

Il y avait comme une atmosphère biblique, vendredi, dans la petite foule qui soutenait, étreignait, embrassait et suivait son berger-martyr, Cédric Herrou, comme la foule autrefois suivait, enthousiaste, Jésus. Cédric Herrou est empli de charité chrétienne : il a fait passer en France au moins 200 migrants, leur a offert des œufs frais de sa ferme et bien d’autres choses saines encore de ses prés alpins.

Oh, cela, me direz-vous, n’en fait que 200 de plus, au point où on en est…

Le tribunal de Nice l’a condamné à 3.000 euros d’amende… avec sursis (voilà au moins une justice qui en a !) sur la base de l’article L-622.1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, destiné à lutter contre les réseaux clandestins de passeurs, qui dit : « Toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France sera punie d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 30.000 euros. »

Mais alors, dans ce cas, il en manquait un sur le perron du palais de justice ! Il était où, encore, François Hollande ? Bah oui ! En septembre 2015, lors de sa sixième grande conférence de presse, il avait annoncé que la France allait accueillir 24.000 migrants dans le cadre du plan de relocalisation de l’Union européenne. Et fin 2016, sa Direction générale des étrangers en France indiquait que 8.000 places en centres d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) étaient déjà prêtes.

Pas facile de comprendre tout ce cinéma pour quelqu’un d’un petit peu logique : en effet, si nos politiques ont tant de compassion pour des gens qui ne sont pas foutus de vivre en harmonie sur leur propre sol et qui devraient prendre, en toute logique musulmane, la direction du sud plutôt que celle du nord-ouest, pourquoi laissent-ils mourir à petit feu nos centaines de milliers de sans domicile fixe, victimes de la prédation du capitalisme barbare, ce capitalisme chanté par nos socialistes depuis belle lurette, traîtres à leur idéal du passé ?

Seraient-ils tous atteints de fillonnite aiguë ? Vous savez : « Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais » ? C’est vrai qu’il est plus facile de condamner (même très légèrement) un pauvre garçon sans doute très sincère qu’une clique de politiques qui n’en finit pas de pourrir la démocratie.

« Mais malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites qui fermez le royaume des cieux aux hommes : car vous-mêmes n’y entrez point, ni ne souffrez que ceux qui y [veulent] entrer, y entrent » (Matthieu, 23,13).

Docteur en droit

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