« Printemps républicain » ? Mais de qui se fiche la « gôche » ?

Consultant en sécurité
 

Face au terrorisme et à l’islam radical, un prétendu mouvement citoyen, rassemblant des personnalités de gauche qui veulent défendre la laïcité et le pacte républicain, s’est lancé dimanche 20 mars dans un « printemps républicain ». Celui-ci n’a rien de républicain car il ne réunit que des gens de gauche qui n’ont de cesse de stigmatiser l’« extrême droite comme l’islam politique », dit leur manifeste, qui poursuit : « Il y a quelques années encore, la laïcité était comme l’air que nous respirons : une évidence. Nous voulons qu’elle redevienne l’affaire de tous et de chacun, qu’elle reprenne toute sa place au cœur de notre contrat civique et social. » Les donneurs de leçons sont de retour, tels des pompiers pyromanes, infatigables petits soldats d’une gauche morale et sectaire qui s’estime trahie par le gouvernement actuel et se morfond dans un désarroi le plus total, tant son idéologie s’est fracassée sur les réalités d’un monde qu’elle a pourtant participé à concevoir. Ce « printemps républicain » veut ainsi peser à l’intérieur de la gauche pour éviter des dérives… Le gouvernement appréciera.

Mais à qui la faute si la radicalisation musulmane est devenue un problème sociétal et la France une cible privilégiée du terrorisme ? Aux pouvoirs successifs, bien sûr, de gauche comme de droite, qui se sont succédé depuis plus de 40 ans.

Les responsables politiques ont abandonné depuis longtemps la défense de la laïcité, préférant chouchouter la diversité issue d’une immigration massive et l’électorat musulman plutôt que la classe ouvrière et les agriculteurs ruraux. La gauche et la droite n’ont eu de cesse de cultiver le communautarisme urbain, créant ainsi des territoires perdus de la République qui, maintenant, leur échappent. Leurs élus ont subventionné, cultivé l’islam, en favorisant l’éclosion d’associations cultuelles sous couvert d’associations culturelles, et la création de mosquées en faisant fi de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État. La puissance publique, pour sa part, a cédé comme un ventre mou aux revendications communautaristes et religieuses à l’école, au travail, dans l’espace public, politique… L’État s’est empêtré dans la création d’un Conseil français du culte musulman, peu représentatif, et s’est rapidement dévoyé dans des luttes internes entre les différentes mouvances. Un État qui essaye maintenant d’imposer une nouvelle instance de dialogue avec l’islam, mais qui reste muet sur le rôle ambigu de l’UOIF.

Alors, comment ne pas voir dans ce « printemps républicain » d’une gauche caviar une tentative de récupération, pour 2017, d’un électorat du « peuple de gauche » qui a bien senti ce glissement vers un laxisme coupable et qui s’en va s’abstenir ou voter FN ?

La droite ne va pas mieux car la perte du mode d’emploi du « Kärcher » par Nicolas Sarkozy a durablement marqué les esprits. Il en est sorti des échecs, en 2009 de son débat sur l’identité nationale et en 2011 de celui sur l’islam. En 2015, le rapport confié à Henri Guaino et Gérald Darmanin à l’issue d’une demi-journée de réflexion à huit clos sur l’islam n’est jamais sorti, ce qui en dit long sur l’embarras du parti LR sur la question. Citons les propos de Guaino à ce sujet : « On va attendre, hein, puisque le contexte est terrifiant avec les réfugiés, la violence du débat (affaire Morano), voilà… » Quel courage !

La gauche comme la droite ne savent pas encore qu’elles sont politiquement mortes, que les vrais enjeux sont ailleurs que dans une polarisation politique gauche/droite. Cet appel à un « printemps républicain » sonne comme un chant du cygne d’une gauche morale moribonde. Quant à la droite, elle a tout simplement trahi ses électeurs. Alors, suivez mon regard…

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