Editoriaux - International - Internet - Table - 11 octobre 2014

Pékin face aux séparatismes… et aux djihadistes chinois ?

« Occupy Central with Love and Peace » (OCPL) est un mouvement de désobéissance civile qui a débuté à Hong Kong le 28 septembre. Il appelait des milliers de manifestants à bloquer les routes et paralyser le quartier financier de Hong Kong si le gouvernement n’accordait pas la mise en place du suffrage universel lors des élections du chef de l’exécutif en 2017, et de celles du Conseil législatif en 2020 selon ce qu’ils appelaient des « normes internationales ».

Twitter, Facebook et Instagram ont été bloqués en Chine dès les premiers jours des manifestations. Weibo et WeChat fonctionnent toujours mais sous intense surveillance et la censure veille activement. Une application Bluethooth mobile, FireChat, lancée en mars par Open Garden et utilisée auparavant en Irak et en Iran, sert à contourner localement la censure et à échanger sans connexion Internet.

La République populaire de Chine reconnaît 55 minorités ethniques et la majorité han. Les Hans représentent 92 % de la population. Les régions autonomes sont le cadre de troubles réguliers, surtout au Tibet et au Xinjiang, dont la population est à majorité musulmane.

Des dirigeants du parti démocratique de Hong Kong se sont rendus à Washington en avril. Ils ont rencontré le vice-président Joe Biden à la Maison-Blanche. Ces dernières années, les États-Unis se sont rapprochés du Vietnam et se font les garants des intérêts japonais et philippins dans la région. Les heurts en mer de Chine méridionale sont fréquents. En cause, les revendications territoriales conflictuelles.

Des dissidents ont été arrêtés en Chine continentale car ils soutenaient les manifestations de Hong Kong. À Taipei, des manifestants soutiennent également les rassemblements hongkongais. Dans les provinces de l’Ouest, les Ouïgours séparatistes se mobilisent également. Rappelons que l’immense région autonome ouïgour du Xinjiang, peuplée à 50 % de Ouïgours, est régulièrement agitée par des troubles violents qui ont fait des centaines de victimes. Aujourd’hui, la participation de djihadistes chinois de cette région est attestée au sein de l’EIIL. Formés indirectement par les forces spéciales américaines pour combattre l’armée syrienne, ils seraient en passe de développer les activités terroristes et séparatistes de retour en Chine. D’après des sources officielles chinoises, il y aurait des centaines de djihadistes chinois sur place.

Le Xinjiang est une région à l’importance stratégique considérable. À ce titre, elle bénéficie de toute l’attention de la Fondation nationale pour la démocratie (NED) américaine qui y finance plusieurs projets locaux visant à l’émancipation des Ouïgours face au pouvoir central. En Chine, la NED soutient des projets à Hong Kong, au Tibet, et dans le Xinjiang justement, toutes les régions les plus sensibles et les plus instables du pays qui seraient susceptibles d’entrer en rébellion ouverte et d’enclencher la chute du régime communiste par contagion.

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