Théorie du genre

Pécresse se décide enfin à supprimer les subventions aux études de genre

 

C’est Libération qui nous apprend la bonne nouvelle : « Valérie Pécresse coupe les bourses aux études de genre ! »
 
Pour parler Libé encore une seconde : se pourrait-il que Mme Pécresse ait enfin décidé d’avoir des c… ?
 
Si oui, il faut saluer cette greffe !
 
Se serait-elle souvenue grâce à qui elle a été élue, elle ? Car Mme Pécresse, plus cohérente et plus habile que la pauvre NKM, qui échoua lamentablement à prendre Paris, avait pris soin de faire entrer LMPT dans sa majorité et son programme. Et elle déclarait :
 
« Je suis pour l’égalité homme-femme, c’est à la racine de mes convictions. L’égalité oui, mais pas l’indifférenciation des sexes [qui est] un projet politique, une idéologie. On ne subventionnera pas la théorie du genre. »
 
Et, un an après son élection à la région, elle applique donc son programme. Pour une fois qu’un responsable de droite est cohérent avant et après l’élection, nous n’allons pas cracher dans la soupe.
 
Mais il faut quand même remarquer que cette décision courageuse intervient deux semaines seulement après l’écrasante victoire de Fillon à la primaire, élection acquise sur le créneau de la droite des valeurs.
 
Or, rappelons que Mme Pécresse, naguère filloniste, choisit il y a un mois et demi de soutenir… M. Juppé. Dans le staff filloniste, elle fut aussitôt surnommée « Valérie traîtresse ». C’était mérité. Et plus que ne le pensaient les militants de Fillon : à la trahison de l’homme s’ajoutait la trahison des convictions et de l’électorat.
 
Cela montre que les responsables de droite, même élus sur un programme clair, ont sans cesse besoin de piqûres de rappel. Madame Pécresse semble avoir reçu la piqûre, et la greffe a pris !
 
À qui le tour ?
 
Désormais, le peuple de droite a en main toutes les piqûres nécessaires et il saura, le jour venu, les administrer à qui de droit et même dire au prochain Président, si nécessaire : « Qui t’a fait roi ? »
 
Mais revenons à cette question du financement public, par nos impôts, par les régions, des études de genre.
 
Premier enseignement : la gauche ne cesse de nous dire que la « théorie du genre » n’existe pas, que c’est un épouvantail fabriqué par la droite LMPT et le pape, pour qui elle représente « une colonisation idéologique ». Mais visiblement, cette théorie fantôme, que la gauche présente comme « un champ académique comme un autre », avait besoin de grosses subventions…
 
Second enseignement : dans la région Île-de-France, après des années de dérive budgétaire et de délire idéologique, il faut revenir au réel. Et les directeurs de laboratoire qui cherchent tous les jours des financements pour leurs meilleurs projets et leurs meilleurs chercheurs devraient se réjouir que soient, enfin, coupés des financements qui allaient, non seulement à des projets loin des « domaines d’intérêt majeur (DIM) », mais en plus dont le minimum de niveau scientifique, de qualité rédactionnelle n’était pas atteint… C’est un fait bien connu dans le monde des labos et des thésards que copinage politique et préférences idéologiques font rarement bon ménage avec excellence de la recherche.

La petite décision courageuse de Mme Pécresse montre que rigueur financière et retour au réel loin de l’idéologie peuvent engager un cercle vertueux, dans bien des domaines. D’autres élus seraient bien inspirés d’entrer dans ce cercle.

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