Les salauds !

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François Hollande a décidé, pour la première fois, de commémorer cette année le 19 mars 1962, les accords d’Évian et le cessez-le-feu en Algérie.

Les salauds n’étaient pas tant les « fells » qui luttaient pour leur indépendance que le gouvernement français et les chefs de l’armée qui se sont – et nous ont – déshonorés en signant, le 19 mars 1962, le « cessez-le-feu ».

Alors l’armée – sur l’ordre de De Gaulle, de Mesmer (ministre des Armées), de Louis Joxe (ministre des Affaires algériennes qui s’acharna à renvoyer nos harkis en Algérie, à la mort) et de Fouchet (ministre chargé de l’Information), dit « hi-han » – a ordonné à nos soldats de rester l’arme au pied pendant que le FLN continuait tranquillement à enlever, assassiner, massacrer des jeunes soldats, des civils innocents et des harkis.

Selon  les archives « officielles » de l’armée, rappelées avant-hier par Robert Ménard ici même, voici le bilan des semaines qui ont suivi :

– 91 actions de guerre de l’ALN et du FLN contre la France ;

– le 20 mars 1962, 18 soldats tués et 3 blessés ;

– 90 soldats français disparus ;

– 239 soldats français faits prisonniers par l’ALN, qui ne sont jamais revenus ;

– 1.580 civils européens disparus (dont des dizaines de femmes expédiées vers des bordels militaires de l’ALN).

Jusqu’à l’indépendance, il y aura plus de 5.000 enlèvements, 1.200 civils assassinés, 1.800 disparus et 100.000 harkis massacrés dans des conditions atroces de sauvagerie avec leurs familles.

Le 20 mars, Bab El Oued (quartier populaire d’Alger) entre en ébullition, le quartier est bouclé et l’armée et l’aviation tirent sur les habitants à la mitrailleuse lourde.

Le 26 mars (6 jours après la « signature »), c’était le massacre de la rue d’Isly, à Alger, où les soldats du 4e RTA (tirailleurs algériens) massacrèrent en douze minutes, au fusil-mitrailleur, 100 à 120 civils qui manifestaient pacifiquement leur soutien aux gens de Bab El Oued derrière des drapeaux français.

Le 5 juillet (juste après l’indépendance), c’est le massacre de la population d’Oran (3.000 hommes, femmes et enfants morts égorgés, pendus à des crochets de la boucherie, au lieu-dit « le Petit Lac » alors que le général Katz (dit le boucher d’Oran) avait consigné ses troupes et était allé déjeuner au mess du terrain d’aviation (revenu à Paris peu après, le régime lui décernera une étoile supplémentaire) sur demande du général Ailleret (commandant en chef).

Fous de panique et ayant bien compris le message du FLN : « La valise ou le cercueil », près de la totalité des pieds-noirs ont quitté le pays qu’ils avaient construit entre mars et septembre. Bel exemple de nettoyage ethnique ! Et Gaston Defferre, maire socialiste de Marseille, dira à la radio : « Nous ne voulons pas d’eux, qu’ils aillent ailleurs ou retournent chez eux. »

Comme le reconnaîtra l’ancien leader FLN Hocine Aït Ahmed : « … Il y a eu envers les pieds-noirs des fautes inadmissibles, des crimes de guerre envers des civils innocents et dont l’Algérie devra répondre au même titre que la Turquie envers les Arméniens. »

Voilà, Monsieur Hollande, ce qu’il faudrait plutôt rappeler. Et, à défaut, ayez au moins la décence de vous taire !

Paul Véglio
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