Patrick Sébastien pourrait donner des leçons aux politiciens hâbleurs qui nous gouvernent

On aime ou on n’aime pas Patrick Sébastien, tantôt talentueux, tantôt vulgaire, mais il attire plutôt la sympathie quand il parle des gilets jaunes. Après tout, il a autant le droit de s’exprimer sur ce sujet qu’un Franck Dubosc qui, après les avoir soutenus, a retourné sa veste, ou qu’un François Berléand, qui déclare sur RTL que leurs revendications, « c’est du n’importe quoi », ajoutant que « moi, depuis le début, ils me font chier ». Dans un entretien accordé au site PureMédias, il livre son point de vue sur la situation sociale en France, faisant preuve de plus de lucidité que les politiciens qui nous gouvernent.

« Dans les gens qui m’aiment bien, qui me suivent depuis trente ans, 90 % sont des gilets jaunes », avance-t-il. C’est-à-dire des gens simples, sans prétention, qui savent ce que c’est de vivre sans trop de moyens ou en en manquant. Il suffit de fréquenter, à Paris ou en province, quelque manifestation du samedi pour s’apercevoir que les Français qui profitent de la mondialisation ne sont pas les plus nombreux dans les rangs des manifestants.

Avec son langage, il explique les causes de ce mouvement : « Ce que vivent les gens au quotidien, ce mépris, ce manque de considération… En bloquant les voitures à un rond-point, ils ont enfin un pouvoir alors qu’on leur disait depuis des années qu’ils n’existaient pas. ». Il a cette phrase qui résume bien la situation : « On les a pris pour des merdes. À un moment, c’est la révolte. » De la révolte à la révolution, il n’y a qu’un pas.

Patrick Sébastien n’a pas une vision manichéenne ni simpliste de la société, contrairement à tant de politiciens, intellectuels et journalistes qui, formés dans le moule des mêmes écoles, se contentent de répéter, comme des perroquets, les couplets de la pensée unique. « Chez les gilets jaunes comme chez les riches, il y a de beaux enculés ! », reconnaît-il. Et il y a des riches qui peuvent comprendre les gilets jaunes.

Notre animateur s’est, un court moment, intéressé à la politique. En 2010, il a fondé le DARD (Droit au respect et à la dignité, où il recueillait des témoignages et des suggestions. Une sorte de « grand débat » avant l’heure. Mais il a dû arrêter vite : « Tout le monde m’est tombé sur la gueule. » Entre les privilégiés qui défendaient leurs privilèges et les internautes qui se défoulaient… Il estime que la situation sociale peut « glisser dans beaucoup plus de violence » ou même dans l’arrivée d’un « type extrême » au pouvoir mais, contrairement à nos politiciens, il ne cite pas Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen pour effrayer le bourgeois.

Il déplore qu’on prescrive aux gens ce qu’il faut aimer ou ne pas aimer et reste mesuré dans ses jugements. Tenez, Robert Ménard ! Patrick Sébastien n’approuve pas tous ses choix mais, pour l’avoir rencontré, il constate qu’il ne ressemble pas au portrait qu’en tracent la plupart des médias : « Il est détesté à la télévision mais, à Béziers, il y a maintenant des rues où les dealers ont été poussés dehors et où les commerçants peuvent ressortir les terrasses. »

C’est un homme qui ne se prend pas au sérieux, même s’il est manifestement déçu d’avoir été « remercié » par France 2. Il se définit comme « un gros con-saltimbanque-artiste », ce qui vaut mieux que d’être un gros con-illusionniste-politique. Il pourrait donner des leçons de bon sens à nos gouvernants et leur chanter le refrain d’un de ses succès, qu’il sait, à l’occasion, s’appliquer à lui-même : « Ah si tu pouvais fermer ta gueule/Ça nous ferait des vacances/Ah si tu pouvais fermer ta gueule/Ça ferait du bien à la France. »

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