Audio - Editoriaux - Entretiens - Histoire - Politique - 21 novembre 2017

« Patrick Buisson a parfaitement raison ! »

Reynald Sécher réagit à l’émoi provoqué sur France Inter par les paroles de Patrick Buisson comparant le génocide vendéen et le massacre d’Oradour-sur-Glane.

« Il y a un certain nombre de caractéristiques communes entre ces deux événements : le nombre des victimes est quasiment similaire.

Mais à Oradour-sur-Glane, c’est une armée étrangère qui extermine ses victimes dans le cadre de sa fuite, alors que dans le cas des Lucs-sur-Boulogne, la politique d’extermination est pratiquée par l’armée française selon des lois votées par l’Assemblée nationale (encore en vigueur aujourd’hui).

À l’époque, il s’agissait d’une politique dite “d’extermination”. Le mot de “populicide” n’est pas passé dans l’Histoire car la France a souhaité gommer cette période. Plus tard, le mot génocide est apparu.

Patrick Buisson a raison de dire que c’est la France qui a inventé le terrorisme d’État : exterminer, c’est éliminer celui que l’on considère comme indésirable, à la manière aussi de Lénine. »

Patrick Buisson a sorti ces jours-ci une Histoire des guerres de Vendée, un livre édité chez Perrin et préfacé par Philippe de Villiers. Aujourd’hui, il a un peu choqué les journalistes de France Inter en comparant le génocide vendéen au massacre d’Oradour-sur-Glane.

Je comprends l’émoi des journalistes.
Il y a un certain nombre de caractéristiques communes.
Il y a l’extermination d’un côté du village les Lucs-sur-Boulogne le 28 février 1794 et de l’autre côté, celle d’Ouradour-sur-Glane.
Le nombre de victimes est quasiment similaire. Il y a eu 642 victimes pour Ouradour-sur-Glane et 564 victimes pour le village les Lucs-sur-Boulogne.
Les événements sont très différents bien entendu.
D’une part, c’est une armée étrangère nationale-socialiste avec la colonne SS qui extermine les Lucs-sur-Boulogne dans le cadre de la fuite de l’Armée allemande.
Dans le petit Lucs-sur-Boulogne, il s’agit d’une autre stratégie puisqu’il s’agit d’une politique d’extermination et d’anéantissement d’un village.
Les Lucs-sur-Boulogne est le symbole d’un des 770 villages directement ou indirectement concernés par la politique d’extermination ou d’anéantissement de la Vendée.
Cette politique a été mise en œuvre par l’Armée française dans le cadre des lois votées en conscience partagée par l’Assemblée nationale.

Vous avez été le premier historien à parler du génocide vendéen en parlant de la Guerre de Vendée.
C’est une formulation que Patrick Buisson reprend et confirme dans son ouvrage.

Oui, effectivement.
Cette politique a été votée par la France. Et je rappelle que les lois n’ont jamais été abrogées ou retirées. Elles font toujours partie de l’arsenal juridique français.
À l’époque, on parlait de politique d’extermination et d’anéantissement. D’ailleurs, un des contemporains, le père du communisme Gracchus Babeuf, a essayé de trouver un mot. Il a créé le mot « populicide ».
C’est parce que la France a voulu gommer dans son Histoire cette politique d’extermination et d’anéantissement que le mot « populicide » n’est pas passé dans l’Histoire.
Il a fallu attendre la Seconde Guerre mondiale pour qu’un juriste polonais qui s’appelle Lemkin faute de mot en invente un autre qui va être défini dans les années 45, 46, 47, le mot « génocide ».

Êtes-vous d’accord avec Patrick Buisson lorsqu’il dit que c’est la France qui a inventé le terrorisme d’État ?

Il a totalement raison sur ce point.
On extermine le Vendéen, parce qu’il est Vendéen. L’idée reprise par Lénine puis Hitler, Pol Pot, etc., est toujours la même. On extermine celui qu’on considère comme indésirable. Il doit être éliminé de la surface de la Terre.

Patrick Buisson commente également la phrase de François Hollande qui disait que « tuer un prêtre, c’était profaner la République ». Faut-il comprendre que la Révolution française, qui a commencé à massacrer les prêtres, a profané la République ?

Même si je ne veux pas le défendre, il faut comprendre Monsieur Hollande. Il est énarque. Ses connaissances en Histoire datent donc de la Terminale. Il ne sait donc pas que la Révolution française a décidé, en conscience partagée, d’exterminer un certain nombre de catégories de gens du fait de leur nature même, en l’occurrence ici le clergé réfractaire parce qu’il est le clergé réfractaire.

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