Reconnaissance du génocide des Arméniens, honte à l’Etat d’Israël

Responsable associatif

Président de Reconquête républicaine

 

Hier il y a cent ans exactement, le 12 septembre 1915, accostait à Port-Saïd en Egypte le cuirassé Le Guichen avec à son bord les rescapés Arméniens héros de l’un des très rares actes de résistance au génocide perpétré par les Turcs et par les Kurdes.

Environ cinq mille Arméniens, habitants de sept villages de la région d’Antioche, qui avaient choisi de désobéir à la soldatesque turque pour échapper à la déportation et au massacre s’étaient réfugiés sur un promontoire de la chaîne de l’Amanus, le mont Moïse, Jabal Moussa en arabe, Musa Dağı en turc. Avec des fusils de fortune, la plupart à silex, qui suffisaient à peine à équiper la moitié des hommes, ils tinrent un siège de 53 jours. Ils furent sauvés de justesse par la marine française qui faisait le blocus des côtes syriennes. Ils embarquèrent le 10 septembre sur Le Guichen ainsi que sur un croiseur anglais appelé à la rescousse.

Cette épopée a été immortalisée par le célèbre roman de Franz Werfel « Les 40 jours du Musa Dagh », écrit pendant la montée du nazisme et publié à la fin de 1933.

« Le roman, inspiré par un fait réel, connut un immense retentissement.

Il ouvrait les yeux du monde sur le génocide arménien et établissait un lien entre ce dernier et l’idéologie nazie. Interdit par Hitler (à la demande des Turcs), détruit au cours d’autodafés, le livre continua de circuler sous le manteau dans tous les ghettos où les juifs s’identifiaient aux résistants arméniens. » (Extrait de la présentation de l’éditeur)

Un siècle après, l’Etat d’Israël s’obstine à ne pas reconnaître le génocide des Arméniens en raison de son alliance stratégique avec la Turquie et l’Azerbaïdjan. Il y a quelque chose d’obscène dans cette alliance entre le premier génocideur non repenti du XXe siècle avec les victimes du deuxième génocide du même siècle.

On a pu espérer un changement de la politique israélienne après la participation de la Turquie à un acte de guerre contre Israël, l’envoi du Mavi Marmara, bateau amiral de « la flottille pour Gaza ». La reconnaissance du génocide a un temps été brandie par Israël comme une menace face à son allié turc qui exigeait une reddition. Netanyahou a tenu bon jusqu’à ce que les Etats-Unis obligent Israël à rendre les armes en faisant publiquement amende honorable et en indemnisant le Grand Turc pour avoir résisté à son attaque.

La négation et l’impunité du génocide des Arméniens, et plus largement des Syriaques, des Assyriens et des Grecs pontiques, autrement dit la négation et l’impunité de la destruction des chrétiens d’Asie mineure ont ouvert la voie du génocide des juifs en Europe, autorisent aujourd’hui la destruction des chrétiens de la zone arabe de l’ex-Empire ottoman et favorisent le carnage qui s’annonce en Europe. De la même façon la non-reconnaissance de ce génocide par Israël permet cette honteuse alliance avec la Turquie et l’Azerbaïdjan.

Pascal Olivier
Responsable associatif
Président de Reconquête républicaine

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