Un professeur poursuivi pour avoir ironisé sur des propos de Manuel Valls

 

En ces jours de commémoration des attentats de janvier 2015, et de célébration des valeurs Charlie au premier rang desquelles on pensait trouver l’insolence et la liberté d’expression, force est de constater que ces libertés sont soigneusement réservées à quelques-uns, et très étroitement surveillées pour d’autres.

Et il est des milieux où cette surveillance s’exerce avec zèle, et bêtise, comme dans l’enseignement supérieur, qui devrait pourtant être l’un des derniers lieux de résistance à la bien-pensance.

Ainsi un maître de conférences d’Avignon, M. Bernard Mezzadri, sera-t-il prochainement convoqué au tribunal pour avoir ironisé sur des propos de M. Valls dans des mails internes. Vous savez, les célèbres déclarations dans lesquelles celui qui n’était alors que député-maire d’Évry avait demandé à ses équipes de rajouter des « whites » et des « blancos » dans le décor. Notre universitaire aurait ironiquement espéré que, lors d’une rencontre entre la direction de son établissement et M. Valls, il y aurait « suffisamment de blancos (et pas trop de basanés) ». Il paraîtrait aussi que le même professeur, que l’on imagine de gauche, aurait qualifié Manuel Valls de « chasseur de Roms ».

Eh bien, cet universitaire réfractaire aux évolutions de la gauche, qu’il a pourtant portée au pouvoir, a été « signalé » par la direction de l’université d’Avignon et des Pays de Vaucluse. Le syndicat SNESUP-FSU de l’établissement a soutenu ce collègue et une pétition en sa faveur a recueilli plus de 3.000 signatures. Visiblement, à gauche, sur le pont d’Avignon, on n’y danse plus tous en rond.

Si les cadres administratifs de gauche, dans un département où le Front national réussit à s’implanter, en sont réduits à dénoncer les propos antigouvernementaux qui traînent sur les messageries et les moindres ironies émanant de leurs propres troupes, c’est très inquiétant. Ces bons petits soldats de la gauche vallsiste n’ont fait que manifester dans cette affaire leur bêtise (l’ironie était évidente alors que M. Valls, lui, ne plaisantait pas quand il voulait mettre des « blancos » sur sa photo) et leur sectarisme très étroit. Car que reprochaient-ils, au fond, à cet universitaire si ce n’est son crime de lèse-Valls ?

Si, comme on peut l’espérer, M. Mezzadri est relaxé, cette affaire n’aura pas été vaine. Elle pourrait même servir de leçon, dans les administrations, à tous les cadres serviles obnubilés, par idéologie ou par carriérisme, par la dissidence à l’égard du pouvoir en place, qui gagne même la gauche. Ce sont les meilleurs vœux que les fonctionnaires de terrain puissent adresser à leur hiérarchie.

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