L’islam et la crise identitaire en France : comment et avec qui en sortir par le haut ? (troisième partie)

 

Les derniers événements de 2015, après les attentats islamistes et la progression du Front national, imposent à la droite qui aspire au pouvoir et à la communauté musulmane en mal d’intégration de préparer des engagements précis et forts destinés à accélérer cette intégration et à prendre en compte les peurs.

La gauche, qui navigue à vue et dont l’ADN idéologique est étranger à ces questions d’identité et de religion, et le Front national, tel qu’il est aujourd’hui, se montrent incapables de porter ce grand projet de refondation.

C’est donc la droite qui devra le faire, mais à condition de renouer avec le meilleur de sa tradition, et avec le courage.

Car, pour être entendue à la fois par la communauté musulmane au sens large, les électeurs du Front national et la France centriste de bonne volonté, la droite dispose de références qu’il est temps de réinvestir.

D’abord, pour s’adresser aux musulmans de France, avec autorité et fraternité, la droite doit faire valoir la grandeur de la politique arabe de la France, depuis le règlement de la guerre d’Algérie par de Gaulle jusqu’au discours historique de Dominique de Villepin à l’ONU en 2003.

Ensuite, puisqu’il est question de religion et de République, la droite doit mieux épouser sa tradition chrétienne, et notamment catholique.

Dans son histoire récente, ce sont des chrétiens fervents qui ont entrepris la restauration de la République, en 1945 et en 1958, et la réconciliation franco-allemande : Robert Schuman et de Gaulle, chacun représentant une des familles de la droite.

Tout cela est-il dépassé ? Pas sûr. Certes, on a bien du mal à trouver l’héritage de la démocratie chrétienne dans le MoDem ou l’UDI. Mais bien réel est l’engagement de toute une génération de catholiques de conviction, qui a conduit aux très bons scores de personnalités comme MM. Retailleau et Wauquiez ou Marion Maréchal-Le Pen. Et ce Noël 2015 a rappelé que la France, certes déchristianisée, restait attachée à son héritage chrétien, comme l’ont montré la présence opportuniste de M. Cazeneuve à Notre-Dame ou les vœux de M. Sarkozy défendant les crèches.

Or, pour discuter des affaires de religion, dans le respect de la laïcité, des chrétiens authentiques sont bien plus qualifiés que des athées ou des laïcistes intransigeants, surtout quand ils se doublent d’incultes notoires. Nul doute que les musulmans seront sensibles à la présence de tels interlocuteurs.

Catholiques anonymes, nous sommes nombreux à avoir compris que nous détenons, par notre vote, mais aussi par notre engagement, les clefs de l’avenir de la France et à souhaiter que des responsables réellement catholiques y participent, autrement que par une soumission aveugle à la laïcité et au communautarisme. N’est-ce pas ce qu’attendent et les musulmans français désireux de vivre en paix dans un pays fier de son identité et l’ensemble de la nation, aussi inquiète de l’avancée d’une présence musulmane visible que de la montée des tensions ?

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