Editoriaux - Sport - 2 mars 2019

Pas de porno sur les stades ! Bernard Laporte relève l’honneur du rugby français !

Le 7 février dernier, le club de Carcassonne XV annonçait un partenariat avec le site pornographique J&M à l’occasion d’un match contre le Biarritz Olympique. Les responsables du club y voyaient là un bon moyen de faire revenir les spectateurs dans leur stade, à l’occasion d’un événement « décalé et drôle », selon eux. Sans aucune prise de conscience des conséquences de la promotion de ce genre de site, présentant une image dégradante pour les femmes, en particulier sur les jeunes.

De nombreux professionnels de l’enfance, à commencer par le professeur Nisand, n’ont pourtant cessé d’alerter les pouvoirs publics contre les dangers de l’exposition de plus en plus fréquente des jeunes à la pornographie sur Internet.

Cela n’était pas à la hauteur de ce beau sport qu’est le rugby, qui défend des valeurs éducatives et familiales. De nombreuses familles viennent au stade avec leurs enfants voir jouer leur club. Exposer ce jeune public à ces publicités incitant (essence de la publicité) à aller sur ces sites est irresponsable.

Même l’inénarrable Marlène Schiappa a promis à l’automne de s’emparer du sujet, en prenant des mesures pour limiter l’accès des mineurs aux sites pornographiques !

Le 9 février, le professeur Aude Mirkovic, présidente de l’association Juristes pour l’enfance, écrivait une lettre de protestation au club de rugby de Carcassonne en rappelant à quel point la protection de l’enfance, notamment de l’adolescent, est importante et qu’on ne peut pas opposer à cet objectif un événement même perçu comme « fun ». Ce partenariat, néfaste d’une part pour les enfants qui seraient au contact de ces publicités, et plus généralement pour l’image du rugby français et du club de Carcassonne, contrevenait en outre directement à la loi de la protection des mineurs en matière d’exposition à la pornographie.

Bernard Laporte, président de la Fédération française de rugby, a relevé l’honneur du rugby en répondant favorablement à la demande des Juristes pour l’enfance, informant l’association qu’une telle initiative ne correspondait en rien aux valeurs défendues par le rugby, en particulier au regard de la fonction éducative de ce sport.

La Ligue nationale de rugby informait avoir notifié une interdiction au club de Carcassonne quant à ce partenariat « contraire aux bonnes mœurs », selon le cahier des charges des clubs de Pro D2. Si la notion de bonnes mœurs tend à disparaître dans notre droit français, elle reste heureusement présente dans les valeurs du sport, grâce notamment à des personnes comme Bernard Laporte !

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