Editoriaux - Politique - Société - 21 juillet 2018

Paris, paradis des classes moyennes ? Encore une « fake news » d’Anne Hidalgo

Géraldine Woessner anime, chaque matin à 7 heures, sur Europe 1, « Le vrai-faux de l’info ». Ce vendredi matin, Anne Hidalgo fait encore la une, ayant sorti avec son aplomb coutumier l’une de ces énormités dont elle a le secret. En effet, si le temps est aux « fake news », madame le maire de Paris en est l’une des grandes pourvoyeuses.

On le sait, entre deux mensonges et trois tartufferies sur les pistes cyclables, les vélos introuvables, les voitures électriques débranchées, les camps de migrants qui font le tour de la capitale et « la Ville Lumière » promue capitale de la crasse, des rats et des détritus… entre tout cela, donc, Anne Hidalgo ambitionnait, en début d’année, le titre de « meilleur maire du monde ». Les résultats de ce concours mirobolant (World Mayor 2018) ne nous sont pas encore connus, mais gageons que si Notre-Drame de Paris en était la lauréate, cela figurerait déjà au fronton de l’hôtel de ville.

En attendant, notre maire se déboutonne. Avec nos impôts. On apprend, ainsi, dans la dernière livraison du Canard enchaîné, que la ville a dépensé la coquette somme de 224.580 euros pour un rapport de quatorze pages, résumé d’une consultation citoyenne « pour connaître l’avis des Parisiens sur la propreté des rues parisiennes ». Sept commissions composées de quinze habitants chacune ont planché sur ce délicat sujet d’où il ressort, par exemple, que « la perception de la propreté à Paris se fonde en négatif sur des constats relatifs à la malpropreté ou encore que la multiplication des fêtes et l’afflux de touristes sont synonymes de “nuisances et de déchets sur la voie publique” ».

Résumé du résumé : les Parisiens auront donc dépensé 16.041,42 euros pour chaque page d’un rapport exprimant en langage abscons ce que tout le monde constate soir et matin : la ville est des plus sales, terriblement bruyante, de plus en plus chère et le niveau de pollution y bat des records. Conséquence logique : tous ceux qui ont les moyens de quitter la capitale s’enfuient vers la province et, pour les mieux lotis, à l’étranger. Pour résumer d’un mot : c’est la débandade. Principalement celle des classes moyennes et moyennes supérieures.

Qu’en dit madame Hidalgo ? demande le candide de service. Elle dit que c’est faux. Dénonce une fausse nouvelle. Et devient un sujet pour Géraldine Woessner… qui écrit sur son compte Twitter :

« Se croire en vacances de fact-checking. Allumer sa radio. Entendre @Anne_Hidalgo déclarer : “Paris n’est pas une ville de riches ! Plus de 60 % de la population parisienne sont des familles avec enfants, de la classe moyenne.” Lever un sourcil. Circonspect. Et de fait. »

Elle poursuit : « Seuls 25 % des ménages parisiens ont des enfants. Ils représentent (familles monoparentales incluses) 46 % de la population. Et ils sont concentrés dans quelques arrondissements (19e, 20e, 13e…). »

Je précise, ici, que les arrondissements en question sont ceux qui comptent le plus de logements sociaux (jusqu’à 40 % pour le 19e), regroupés dans les fameuses « cités » du nord de Paris qui concentrent des populations immigrées ou d’origine immigrée, ou encore le très asiatique 13e arrondissement, Chinatown depuis les années 70.

« Dans les arrondissements centraux, poursuit Géraldine Woessner, la part [des ménages avec enfants] tombe en dessous de 18 %. Ce n’est pas beaucoup. Et depuis 2010, cela diminue. » Surtout, « parmi les familles qui restent, 40 % gagnent plus de 37.500 euros par an (et font donc partie des 10 % des Français les plus riches). Mais les inégalités sont énormes… » poursuit-elle.

La réalité que madame Hidalgo se refuse à admettre, c’est que Paris se vide à grande vitesse de ses classes moyennes. N’y resteront bientôt plus que les habitants à hauts revenus, bobos chics ou résidents étrangers, et les familles pauvres qui vivotent sur les minima sociaux.

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