Editoriaux - 8 août 2018

Paris : fête foraine et élections municipales

Elle n’a pas de chance, Anne Hidalgo. Malgré le soleil de plomb, les nuages noirs s’accumulent au-dessus de sa tête. D’abord le soleil, justement, qui fait étouffer les Parisiens dans la pollution et sortir les rats des égouts. Les petites bêtes qui ont faim et soif grouillent dans les jardins publics et sortent prendre le frais entre les pieds des touristes dès que tombe la nuit. Il paraît que la mairie a dépensé un million d’euros pour les faire rentrer à la niche, mais rien n’y fait… Avec trois portées par femelle et par an, les troupes sont inégales.

Et puis, il y a les ratés de la « ville verte », cette capitale d’un futur écolo dont le maire de Paris se prétend la pionnière. Plus de Vélib’, et des Autolib’ bientôt bonnes pour la ferraille. Pourtant, ce ne sont pas les idées qui lui manquent, à Notre-Drame de Paris. Après les passages piétons aux couleurs de l’arc-en-ciel, elle a décidé de multiplier ses pissotières à compost. Un nouvel « uritrottoir » vient ainsi d’être installé sur l’île Saint-Louis. Très élégante, la pissotière : une belle jardinière rouge où les messieurs font pipi sur de la paille pour nourrir le romarin, le thym ou la lavande qu’on y a plantés. Soit dit en passant, vous faites bien ce que vous voulez, mais personnellement, je n’en cueillerais pas pour ma cuisine ou parfumer le linge de mes armoires…

Question : la pissotière ne disposant d’aucun paravent et les messieurs étant, de ce fait, contraints de déballer leur attribut viril sous le nez des promeneurs ne risquent-ils pas une amende pour violence sexuelle ? À voir avec Marlène Schiappa avant de se soulager.

Enfin, un malheur n’arrivant jamais seul, voilà que l’ennemi notoire de madame Hidalgo – j’ai nommé l’incontournable Marcel Campion, l’affreux de ses cauchemars dont elle s’était enfin débarrassée – lui revient par la bande. Et la bande à Macron, qui plus est. Sorti des Champs-Élysées et de la Concorde, Campion revient par les Tuileries. Géographiquement parlant, c’est juste un pas en arrière. Politiquement, c’est beaucoup plus : la mairie contre le palais.

On vient, en effet, d’apprendre que le marché de Noël de Marcel Campion, ou plutôt la foire à la saucisse qui en tient lieu, s’installerait l’hiver prochain dans le jardin des Tuileries… lequel jardin dépend du Louvre, qui dépend du ministère de la Culture… et dépend donc du gouvernement.

D’aucuns n’hésitent pas à voir dans ce bras d’honneur à la maire de Paris les prémices d’une bataille municipale qui promet d’être rude. Et bien que l’intéressé s’en défende, on impute la manœuvre à Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement et candidat officieux de LREM pour Paris. Même s’il déclare au Parisien qu’il s’agit là d’un « fantasme complet », il n’en donne pas moins en quelques mots l’axe de sa future campagne : « Oui, nous nous préparons aussi à l’échéance des municipales. À Paris, certaines choses ont fonctionné et d’autres pas, comme le logement, les transports ou la propreté de l’espace public. » Et d’ajouter : « LREM va lancer à la rentrée une école de formation au métier d’élu et à la gestion des dossiers municipaux pour éviter “ des ratés comme Vélib’ et Autolib’ ”. » Voilà, voilà…

Marcel Campion tirera-t-il les ficelles aux prochaines municipales ? Ce n’est pas impossible. Il y a, en effet, des décennies que le ban et l’arrière-ban de la politique et du show-biz viennent lui cirer les pompes.

D’ailleurs, mais c’est un hasard sans doute, Brigitte Macron s’est affichée cet été à la fête foraine des Tuileries… du même Marcel Campion.

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