Lutte contre le terrorisme

Patrick Pelloux veut former tous les étudiants en médecine aux pratiques médicales de guerre

Médecin
 

Certains se demandaient si son long silence médiatique ne cachait pas une grave maladie ou un exil aux Galapagos, mais nous voici rassurés : le docteur Pelloux a repris du service. Actant le fait que nous sommes en guerre, il souhaite promouvoir la formation de tous les étudiants en médecine aux pratiques médicales de guerre, comme cela se pratique déjà pour les médecins des SAMU et des pompiers.

« Maintenant, on en arrive à une politique au long cours, parce qu’on sait que le risque d’attentats, et notamment les attentats par les islamistes, peuvent reprendre. »

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Si on comprend bien, des attentats sont commis « notamment » par les islamistes, mais au milieu de bien d’autres. Probablement dus aux Raëliens, aux fanatiques de Monseigneur Lefebvre ou de Skippy le grand gourou… Pour celui qui, avec les premiers secours, eut le triste privilège de découvrir les corps hachés de ses amis à Charlie Hebdo, c’est très charitable, mais sans doute un peu réducteur.

Remarquable, aussi, chez Pelloux, la plasticité politique. Soutien de François Bayrou pour les présidentielles de 2007, un temps séduit par Nicolas Sarkozy, mais partisan de Hollande pour celles de 2012, avant de s’enamourer en 2013 pour Pierre Larrouturou, militant de la semaine de quatre jours (mesure qui, selon certaines mauvaises langues, l’obligerait à augmenter son temps de présence à l’hôpital…) pour finir aux côtés d’Emmanuel Macron en avril à l’hôpital de Garches. Enfoncé, Edgar Faure !

Mais sur le fond, la proposition de cet Arturo Brachetti médico-médiatico-politique d’apprendre à ses confrères à réagir à ces situations extrêmes n’est pas mauvaise. En effet, si les urgentistes sont excellemment formés à prendre en charge – en équipe – un patient unique, en cas d’attentat, il s’agit d’affronter seul des victimes multiples, à pronostics vitaux engagés à très court terme. C’est très différent et implique généralement d’inverser les réflexes classiques, en abandonnant les plus graves pour se concentrer sur « ceux qui ont une chance »… On ne souhaite à personne d’avoir à faire ce genre de choix, mais il est bon de les anticiper. Quoique modestement, ce type de mesure peut pallier certains effets du problème. Mais sans s’attaquer à sa cause.

Au fait, puisque nous sommes en guerre, pourquoi ne pas former aussi les étudiants au maniement d’armes ? Voire d’autres groupes sélectionnés de population ? Et puis, quand j’étais petit, on m’avait appris que l’armée, dans le sillage de Roland, de Jeanne d’Arc et de Clemenceau, était faite pour protéger nos frontières des invasions étrangères. Ça ne se fait donc plus du tout ?

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