Editoriaux - Médias - Politique - Table - 24 mai 2017

Où est l’opposition ?

Tous les repères de la vie politique française ont volé en éclats avec l’élection d’Emmanuel Macron. À l’aube de la campagne officielle des législatives, la donne apparaît des plus confuses. Les transfuges du gouvernement et les appels conciliants des NKM, Apparu, Solère, Riester, etc., en faveur du nouveau Président complexifient d’autant plus la grille de lecture habituelle.

Comment être certain qu’un candidat estampillé aujourd’hui LR ne deviendra pas demain un inféodé de l’Élysée ? Comment distinguer avec certitude une candidature opportuniste d’une candidature de conviction alors que la loi de non-cumul propulse sur le devant de la scène une palanquée de méconnus ?

Les Républicains sont-ils toujours dignes de la confiance de l’électorat qui croit en eux ? L’investiture LR est-elle un gage de loyauté aux idées ? Cette dernière question se pose avec force. De même, François Baroin est-il crédible quand il affirme que son parti constitue pour la France une force d’opposition construite ? Il a beau faire, il a beau dire : le doute s’est immiscé dans les esprits.

Tant à droite qu’à gauche de l’échiquier, les castes de notables vivaient bon train. Au fil du temps, ils avaient établi une oligarchie de fait : c’est elle que les électeurs ont torpillée. Rien ne les assure qu’elle ne va pas se réorganiser sous d’autres traits.

Les Français désiraient un renouvellement des têtes, ils ont obtenu leur Grand Soir politique. Pour le moment, l’image est belle, conforme aux attentes. Qu’en sera-t-il lorsque les mesures XXL de la loi Travail, introduites par ordonnance durant l’été, seront connues du grand public ? La rentrée sociale s’annonce d’ores et déjà chaude.

L’opposition est une composante indispensable de notre système démocratique. S’affranchir de cet élément déterminant reviendrait à mettre tous les œufs dans un même panier, ouvrir grande la porte au tout-libéralisme économique. 

Pour l’heure, le Président Macron poursuit sa partie avec le concours bienveillant du monde de la finance et des médias. Et pour cause : ils l’ont conduit là où ils voulaient.

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