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Ils ont viré Philippot, ils s’en mordront les doigts très vite

Cadre culturel
 

Après le déchirement en cours au FN , le vainqueur est…

Le Président Macron, qui n’en demandait pas tant et sera Président (lui et sa descendance) pour plusieurs générations. On devra donc boire Macron jusqu’à la lie et bien au-delà, à moins que les soviets mélenchoniens ne fassent tout péter.

Ces dernières semaines, on a assisté à une caricature du jeu politicien, avec une recrudescence de pêcheurs à la ligne : les défenseurs de la ligne Marion, contre Philippot, de la ligne Wauquiez, de la ligne Collard, et Ménard qui met de l’huile sur le feu, toujours contre Philippot qui n’en peut mais.

Et tout ça va se terminer en ligne Maginot. Et Macron, valet de l’expansionnisme allemand, se frotte les mains, et les Allemands, la ligne Maginot, ils connaissent et ça les fait marrer. Et Mélenchon croit dur comme fer qu’il profitera de l’effondrement du FN et que c’est lui qui sauvera la France. Et le pauvre Français, qui a eu la faiblesse d’y croire, se sent de plus en plus cocufié… sur toute la ligne.

Robert Ménard, qui est né, comme moi en 1953, comme moi en Algérie, avec ses coups de gueule, a réussi une prouesse : à mon âge, pour la première fois de ma vie, il m’a poussé à donner vingt euros à une association politique nommée Les Patriotes, moi, le vieil anar chrétien ! Les raisons ? Tout est dit dans mes précédentes contributions « La République des imbéciles » ou « La France n’est pas mûre ».

Devant cette farce grand-guignolesque, je me sens de plus en plus anglais. Oui, chers amis, anglais. J’ai déjà écrit quelque chose là-dessus. En plus de leur capacité à honorer, dans leurs séries télévisées, leurs trésors littéraires et historiques, ils ont une notion qui nous fait gravement défaut : le common sense.

Pourquoi les Anglais ont-ils réussi le Brexit ? Parce qu’ils ont du common sense.

Parce que, contrairement à nous, droits dans nos bottes, biens figés dans notre clivage gauche-droite, les Anglais ont le courage et l’intelligence de réunir des gens de sensibilités différentes.

Dans un débat télévisé sur la question migratoire, des personnalités aussi contrastées que le fougueux Nigel Farage, considéré comme populiste, Jacob Rees-Mogg, député conservateur catholique aussi aristocrate que sulfureux, dont l’humour est à Collard ce que Raymond Devos est à Bigard, et une ex-députée communiste faisaient face à des furies mondialistes et « multiculti ».

Les Anglais, lorsqu’ils ont voté le Brexit, n’en avaient rien à foutre de « reconstruire la droite ». D’ailleurs, le résultat prouve que les régions les plus ouvrières du Royaume-Uni ont majoritairement voté pour le Brexit. Et qu’est-ce qui réunit sous une même bannière un très distingué membre de la City of London comme Rees-Mogg, qui cite une formule latine dans chaque discours, et le mineur au chômage d’une vallée du pays de Galles ? Le common sense. En France, au lieu de ça, on voit le catho bourge versaillais très propre sur lui se pincer le nez devant le vote des couches populaires du FN et voter massivement pour Macron. Il est si jeune et élégant, n’est-ce pas ?

Les Britanniques ont simplement appliqué le common sense, pas pour le bien de leur petit nombril, pas pour satisfaire telle ou telle ambition politique, mais pour le bien commun des Anglais. Il y a une différence de taille entre le conservatisme à l’anglaise et la droite à la française. Pour beaucoup de Français, « la droite » est devenu synonyme de religion. Comme « la gauche », d’ailleurs, qui sont les deux faces d’une même fausse monnaie. Ils n’ont qu’un mot à la bouche : leurs vâââleurs. Ils se fichent de voir le pays couler, du moment qu’ils restent attachés à leurs vâââleurs.

Ceux qui ont poussé Philippot dehors du FN oublient une chose : ce ne sont pas les apparatchiks qui comptent, ce sont les électeurs. Au prochain scrutin, ils le réaliseront peut-être trop tard.

Philippot a eu raison trop tôt. La France apaisée, c’était lui. Désormais, ce sera la guerre, le sang et les larmes. Et à Dieu vat !

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