Editoriaux - Politique - 13 novembre 2018

On en est donc là, à droite : faire appel à Édouard Philippe pour les municipales à Paris ?

Paris fut libérée en 1944 par Leclerc, pas par un général qui avait trahi son camp. Or, que nous apprend Valeurs actuelles dans son édition du 10 novembre ? Qu’une partie de la droite parisienne serait prête à faire appel à Édouard Philippe pour libérer la capitale d’Anne Hidalgo.

Jean-François Legaret, maire LR du premier arrondissement, dans l’hypothèse d’une candidature du Premier ministre : « Il y aura évidemment un accord et nous le soutiendrons. » Jean-Pierre Lecoq, édile LR du VIe arrondissement, sur le même sujet, déclare que cela « pourrait être une hypothèse qui permettrait de mettre fin aux années Hidalgo ».

En clair, cela veut dire que, pour sortir Paris du socialisme, la droite parisienne s’en remettrait à un ancien socialiste, passé par la case UMP lors de la débâcle socialiste pour la présidentielle de 2002, et revenu à ses premières amours lors de la victoire de Macron en 2017.

Et pour ceux qui ne sont pas convaincus que flirter avec Macron, c’est embrasser le socialisme, il suffit seulement de se pencher sur la « garde rapprochée » de l’hôte de l’Élysée. Le premier d’entre eux, Ismaël Emelien, « conseiller spécial » du Président, a participé à la campagne de Nicolás Maduro au Venezuela, ce dernier n’étant pas une grande figure de la social-démocratie, c’est le moins que l’on puisse dire. Viennent ensuite Stéphane Séjourné, conseiller politique, ancien de l’UNEF MJS, désigné comme directeur de campagne de La République en marche pour les élections européennes de 2019, et Sibeth Ndiaye, socialiste, conseillère en communication.

Faut-il que la droite parisienne soit en manque de repères idéologiques pour qu’elle songe à prendre comme leader un traître à sa famille politique, flirtant avec le socialisme, pour sortir notre belle capitale des années noires du socialisme le plus sectaire, de Bertrand Delanoë à Anne Hidalgo !

Pour la droite traditionnelle, le drame réside bien là. Macron a bâti sa gouvernance avec des idiots utiles, issus de la droite, comme piliers. Et cela va compliquer sérieusement la tâche des Républicains pour reconquérir le pouvoir. Si, pour les prochaines échéances électorales, le cordon ombilical n’est pas définitivement coupé avec cette fausse droite opportuniste, Laurent Wauquiez et les siens vont vivre de dures soirées électorales.

Contrairement à ce que certains pensent, les prochaines élections municipales, surtout dans les grandes villes, devront être très politiques pour, enfin, sortir de l’ambiguïté du macronisme.

L’insécurité qui règne dans nos métropoles, aggravée par une immigration incontrôlée, doit être le sujet qui permet de pointer du doigt la responsabilité de la gauche dans ce domaine. Nous ne pouvons plus nous contenter de l’homéopathie pour soigner la gangrène qui affecte nos quartiers sensibles et les centres-villes.

Gérard Collomb a tiré la sonnette d’alarme. Il serait peut-être temps de profiter de l’occasion pour se dire qu’aucun projet d’avenir, quel qu’il soit, ne verra le jour dans le désordre actuel.

Notre liberté, notre idéal de vivre mieux demain, vont passer par une remise en ordre de notre pays. Cela passe par une remise en ordre sur l’échiquier politique et la fin des ambiguïtés. Aussi, aucune compromission n’est possible aujourd’hui pour quiconque veut œuvrer pour le redressement de notre pays, conditionné par une sécurité assurée à chacun de ses citoyens.

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