Editoriaux - Histoire - Polémiques - 20 novembre 2018

On débaptise une promotion de Saint-Cyr. Alors, débaptisons aussi la dernière promotion de l’ENA !

Décidément, les résistants de droite font désordre dans le paysage mémoriel de la France de Macron. On se souvient que, récemment, la gauche et la « communauté éducative » étaient vent debout contre la décision du conseil régional des Pays de Loire de baptiser le lycée de Carquefou, en Loire-Atlantique, « Honoré-d’Estienne-d’Orves », du nom de ce résistant, officier de marine, fusillé par les boches (comme disait mon grand-père, né au XIXe siècle !) le 29 août 1941 au mont Valérien après avoir été arrêté à Nantes le 21 janvier de la même année. Son péché ? Pour faire court et en gros : il était catholique et monarchiste !

À la même époque, à titre d’exemple, le député de Vaucluse SFIO (socialiste) Pierre Vaillandet, qui avait voté les pleins pouvoirs à Pétain, basculait carrément dans la collaboration. En juillet 1944, il reprocha même au gouvernement de Vichy de faciliter la formation et le développement, en zone sud, de l’armée de la Résistance. Condamné par contumace en 1946, il mourut dans son lit en 1971. Mais nous nous égarons. Quoique…

Donc, les résistants de droite font désordre. C’est le cas, visiblement, du général Georges Loustaunau-lacau (1894-1955), parrain de la dernière promotion de Saint-Cyr. Cette promotion vient d’être « débaptisée », comme l’expliquait hier, dans ces colonnes, notre camarade Jacques Hogard. Une première dans l’histoire de Saint-Cyr. Même la promotion Maréchal Pétain (1940-1942) n’a jamais été débaptisée ! Pourquoi cette décision ? Loustaunau-Lacau a tenu des propos antisémites avant-guerre. Ils viennent, comme par hasard, la promotion baptisée depuis plusieurs mois, d’être exhumés. Il est vrai que certains font profession de ce genre d’exhumation. La Résistance, le calvaire de Mauthausen ne valent pas rédemption dans le monde d’aujourd’hui. Ces bonnes âmes ont-elles lu, au moins, les souvenirs de Loustaunau-Lacau, Chiens maudits. Souvenirs d’un rescapé des bagnes hitlériens ? Non, sans doute. Et pour quoi faire, d’ailleurs ? Le nouveau Panthéon national ne doit plus être composé que de Parfaits. Alors, allons-y !

Allons-y, débaptisons à tour de bras. Et commençons (ou continuons) par la très prestigieuse École nationale d’administration. On pourrait, ainsi, évoquer la fameuse promotion Voltaire (1978-1980), dont sont issus François Hollande et tout un tas d’hommes politiques qui font la fierté de la France. Voltaire qui écrivait : « Il en est des hommes comme des arbres ; que les poiriers, les sapins, les chênes, et les abricotiers ne viennent point d’un même arbre, et que les blancs barbus, les nègres portant laine, les jaunes portant crins, et les hommes sans barbe, ne viennent pas du même homme. » Voltaire qui avait une théorie « intéressante » sur les Blancs qui lui paraissaient « supérieurs aux nègres, comme les nègres le sont aux singes »… Mais on n’a pas débaptisé la promotion Maréchal Pétain, alors, par souci de parallélisme des formes, va pour promotion Voltaire…

En revanche, dans cet élan salvateur d’épuration mémorielle, je suggère que l’on débaptise la promotion 2017-2018 de l’ENA. Il n’est pas trop tard : la preuve par Saint-Cyr. Cette promotion porte le nom de Georges Clemenceau. Déboulonner le Père la Victoire ! Ce saint laïc, sauveur de la patrie ?

Eh oui, Clemenceau qui écrivait en 1898, dans un livre intitulé Au pied du Sinaï, et dont la couverture vaudrait aujourd’hui à son auteur la correctionnelle, les lignes qui suivent*. « Ce qui domine à Busk, après le canard et l’oie, c’est le Juif crasseux, inquiet et doux, empressé à toutes les besognes d’industrie ou de négoce […] Sordides, lamentables, avec un éternel sourire d’obséquieuse convoitise […] En de puantes ruelles […] échoppes noires […] des prunelles flambent dans le ruissellement argenté d’une barbe de prophète. Des nez crochus, des mains en griffes s’agrippent aux choses obscures, et ne les lâcheront que contre monnaie sonnante. » On nous rétorquera qu’il faut remettre cela dans le contexte de l’époque. Fort bien. Comme pour Loustaunau-Lacau ?

* : on lira avec intérêt l’article de Xavier Raufer publié ici-même.

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