Non, la police ne harcèle pas les migrants, n’en déplaise à MSF…


Docteur en droit – Commissaire divisionnaire honoraire

 

365 jours sur 365, de 6 h 30 à 23 h, 70 policiers se relaient, par équipes, pour porter aide et assistance aux personnes sans abri. Ces policiers appartiennent à une unité de la police nationale, la BAPSA (Brigade d’aide aux personnes sans abri), dont la création remonte à l’hiver 1954-1955 qui, déjà, avait été d’une rare rudesse. La mission de ces agents, dont le relais est pris après 23 heures par les policiers du service général ou le secteur associatif, consiste en des maraudes, sur appel du SAMU social, dans les rue de la capitale, afin de proposer un hébergement d’urgence aux plus démunis. Ce dernier s’effectue, le plus souvent, au centre d’hébergement et d’assistance aux personnes sans abri situé à Nanterre ou, si le centre est complet, dans l’un des autres centres d’urgence parisien. Les places y sont malheureusement comptées. Les moyens d’action de ces policiers sont donc des plus limités. Ils ne sont là que pour faire face à l’urgence, et n’ont pas le statut de travailleurs sociaux.

La police nationale et l’ensemble des policiers qui la composent n’ont donc pas attendu la création d’associations caritatives prestigieuses, mais qui lui sont largement postérieures, pour s’impliquer pleinement dans l’aide humanitaire.

Ce volet fait même partie de son ADN, et chaque année, nombreux sont ceux de nos concitoyens, nationaux ou étrangers, sans abri ou mieux lotis, riches ou pauvres qui trouvent, auprès des gardiens de la paix, l’aide dont ils peuvent avoir besoin.

Mais les missions de la police ne s’arrêtent pas là. Elle est aussi comptable, sous l’autorité de l’État et de ses chefs, de l’ordre public et de la sécurité. Ces missions, sans doute moins valorisantes que celle évoquée ci-dessus, n’en sont pas moins indispensables à la paix publique. C’est dans ce contexte que la gestion de milliers de migrants et de sans-abri peut s’avérer extrêmement délicate.

Ainsi, Médecins sans frontières, qui vient d’accuser la police parisienne de « harcèlement » et de « violences » à l’égard des migrants, ne peut ignorer la situation sans précédent que les forces de l’ordre ont aujourd’hui à gérer. Le démantèlement, à Paris, de 29 camps de migrants au cours de ces 18 derniers mois n’a fait que rendre la situation encore plus confuse, en dispersant des milliers d’individus dans la nature. Actuellement, les dispositifs d’aide à ces personnes sont totalement dépassés à cause de l’imprévoyance de ceux qui, sans aucune préparation ni clairvoyance, ont laissé déferler sur notre pays une vague migratoire devenue, d’un point de vue social et sécuritaire, totalement incontrôlable.

Que des rixes et des échauffourées se produisent dans les files d’attente et aux alentours des centres d’accueil est une réalité incontournable et malheureuse, mais tristement humaine. Cependant, elles ne sont pas le fait des policiers qui interviennent alors pour éviter que la situation ne dégénère, que l’espace public ne soit livré à l’anarchie et que la loi du plus fort ne finisse par s’imposer. Faut-il rappeler, dans ce contexte, les 5.674 policiers blessés en mission au cours de l’année 2015, parmi lesquels un sur quatre était en poste à la préfecture de police de Paris, et dont les blessures sont parfois advenues en portant secours ?

Une fois encore, on ne peut que regretter que, in fine, les carences, les manquements, les erreurs et les fautes de nos décideurs ne retombent sur celles et ceux qui, avec le peu de moyens dont ils disposent, tentent pourtant de faire au mieux.

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