Entretien - Primaire à droite

François Billot de Lochner : Notation des sept candidats à la primaire de la droite et du centre


Président de la Fondation de service politique

 

Liberté politique et le collectif France Audace viennent de dévoiler les notes attribuées aux sept candidats à la primaire de la droite et du centre. François Billot de Lochner a bien voulu répondre aux questions de Boulevard Voltaire.

Quelles sont les mesures sur lesquelles vous fondez votre notation ? Comment les avez-vous déterminées ?

Avec un environnement d’experts de haut niveau, nous avons établi en 2015 une liste d’une cinquantaine de mesures politiques, économiques, sociales, morales et culturelles dont la mise en œuvre permettrait objectivement à la France d’entamer un redressement durable.

Dans nos fichiers, nous avons ensuite sélectionné 15.000 sympathisants de la Fondation de Service politique, et nous leur avons soumis ces mesures, sous forme d’un questionnaire. Nous avons enregistré plus de 10.000 réponses, que nous avons analysées attentivement, et avons sélectionné vingt mesures, à la fois plébiscitées par nos adhérents, mais aussi demandées par les Français dans de nombreux sondages.

Cette notation des candidats permet-elle de faire apparaître une évolution politique de la droite, notamment la fracture sur les mesures morales et de civilisation ?

Notre notation fait d’abord clairement apparaître que la note moyenne des candidats à la primaire des Républicains et du Centre est globalement très faible – 7 sur 20 – et franchement catastrophique pour les mesures d’ordre moral et culturel – 5 sur 20. Cela dit, le même exercice réalisé en 2002 ou 2007 aurait probablement abouti à une notation identique. À titre d’exemple, l’on voit bien maintenant que les envolées sarkozystes relatives à la condamnation sans appel de l’idéologie soixante-huitarde ne correspondaient qu’à la volonté de séduire, mais pas du tout de faire.

Pourtant, l’électorat de droite souhaite avant tout… des candidats de droite : ceux-ci ne le sont globalement pas, d’où le fossé considérable entre les électeurs et leur classe politique. Une seule exception : Jean-Frédéric Poisson, incontestable premier de classe.

Comment expliquer que les candidats bien crédités dans les sondages obtiennent les plus mauvaises notes, et inversement ?

Parce que les électeurs n’ont aucune idée précise de ce que prévoient réellement les programmes des candidats. Comment un électeur normal pourrait-il raisonnablement analyser les centaines de pages des programmes de Fillon ou Le Maire ? C’est tout simplement impossible, et c’est donc la couleur des yeux ou la mèche de cheveux qui fait la différence. C’est ainsi. D’où l’utilité de la note : si tel candidat a 6 ou 7 sur 20, il est peut-être sympathique, brillant, chaleureux, séduisant, mais il est inapte à redresser la France. C’est aussi simple que cela ! La notation des candidats permet donc de donner un éclairage simple et efficace sur les programmes de chacun d’entre eux.

Président de la Fondation de service politique

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