Non ! Je ne suis pas nationaliste, je suis civilisationniste français !

Être nationaliste, c’est porter le lourd fardeau d’un complexe : celui de défendre une nation meurtrie, déconsidérée, voire insignifiante. C’est en souffrir et c’est, par compensation, crier partout alentour qu’elle a au contraire des valeurs, un passé, une nature particulière qu’il faut glorifier. C’est croire, en fait, à ce qui n’existe que peu ; c’est exhiber à sa fenêtre, à l’anniversaire du moindre petit fait marquant de son histoire, son drapeau. Être nationaliste, c’est donc pleurer une grandeur nationale qui ne s’est jamais – ou si peu – montrée parce qu’au fond de soi-même, on en est totalement convaincu ; et vouloir faire en sorte qu’elle survienne par un processus artificiel – car sans fondements concrets – et souvent violent, violent parce qu’à force de ne rien voir venir, ses protagonistes ont fini par être aigris et psychotiques.

Un Français n’a pas à être nationaliste. Cela ne lui est pas utile. Dans les rues de Mexico, Miami, Madrid, Moscou, Maputo, Marrakech, Mumbai, Manille, Melbourne, Montréal… il peut marcher la tête haute, détendu. Il porte avec lui l’une des plus brillantes civilisations de l’histoire du monde. C’est en son pays que sont nés l’art roman, l’art gothique (qu’on a d’ailleurs qualifié d’art français), l’art classique, ces arts qui se sont répandus dans bien des coins du monde. C’est en son pays que la Renaissance s’est faite douce harmonie, comme en témoignent les châteaux de la Loire. C’est en son pays que sont nées la médecine moderne et les sciences expérimentales. C’est le pays de ce promeneur gâté qui a offert au monde, et pour son bien-être, un nombre incalculable d’inventions : l’avion, l’hydravion, l’hélicoptère, le cinématographe, la photographie, le métier à tisser, la télégraphie aérienne, l’électroscope, l’aérostat, l’automobile, la machine à vapeur, la machine à calculer, la conserverie alimentaire, la méthode Braille, l’électromagnétisme, la pile sèche au bioxyde de manganèse, la radioactivité, la carte à puce, le détecteur de particules … et j’en passe ! Il sait que son pays arrive en quatrième place pour les prix Nobel scientifiques, en première place pour les prix Nobel de littérature et en seconde place pour les mathématiques dans le classement du nombre de médailles Fields, juste à un point derrière les États-Unis. Même s’il y a beaucoup à dire sur ce thème, le monde, dans sa quasi-totalité, fonctionne sur le fondement des idées politiques françaises. Paris, capitale ô combien admirée et jalousée des autres nations, a toujours attiré les plus grands esprits du monde, qu’elle a favorisés en les nourrissant du génie de la France. Elle a été le creuset des meilleurs peintres, des meilleurs compositeurs de musique, des meilleurs sculpteurs et des meilleurs écrivains, bien sûr.

Pour un Français, tout est simple : il ne peut être que … civilisationniste. Mais attention ! Le Français, aujourd’hui, doit impérativement être patriote. Hier encore, être civilisationniste suffisait : l’ampleur de notre grandeur était garante de notre foi en nous-mêmes et de notre perpétuation tranquille. Mais ce temps est révolu : il y a, en effet, désormais déliquescence de cet édifice formidable qui a construit, au fil des siècles, notre identité propre. Pourquoi ? Parce que chaque jour, nous devons faire face, en effet, à des attaques extérieures mais aussi, et malheureusement, à des attaques intérieures plus dangereuses que les premières, des attaques imbéciles parce que leurs auteurs ne comprennent pas qu’en cherchant à détruire, c’est eux-mêmes qu’ils détruisent… puisqu’ils sont enfants de la France ! Alors, être patriote, c’est crier haut et fort, dès aujourd’hui, sans complexe mais avec fierté, que pour la préservation de notre civilisation française chérie – car nous en sommes arrivés là ! -, nous allons nous battre. Qu’on se le dise !

Commentaires fermés sur Non ! Je ne suis pas nationaliste, je suis civilisationniste français !

À lire aussi

Ni patronat, ni syndicats, mais de l’efficacité consensuelle !

Comme il se doit, FO affronte la CGT et le 12 septembre, la CGT affrontera la loi en défil…