Armées - Editoriaux - Politique - Sport - Supplément - 24 mai 2017

Non, mon Collomb, vous n’avez pas tout mis en œuvre !

Non, M. Collomb, ni vous ni les gouvernements précédents, d’ailleurs, n’avez « tout mis en œuvre » pour assurer la sécurité des Français ! Simple constatation : n’importe qui peut se promener, en toute tranquillité, notamment à Paris, en transportant dans son sac à dos ou dans sa voiture des explosifs ou des armes sans risquer de tomber sur le moindre contrôle aléatoire d’identité accompagné du petit coup d’œil d’un policier ou d’un militaire dans ce sac ou cette voiture ! Les islamistes daechiens du 13 novembre 2015 risquaient-ils d’être bloqués par un quelconque « barrage-surprise » dans Paris ? Non, ni avant d’arriver au Bataclan ou devant les restaurants, ni après, dans leur fuite ! Souvenez-vous du terroriste sautant les portillons du métro !

Donc, lorsque vous déclarez ce mardi, suite à l’attentat à Manchester : « Je veux dire à nos concitoyens que tout est mis en œuvre aujourd’hui pour les protéger », vous savez parfaitement, Monsieur le Ministre, que ce n’est pas vrai !

Vous ne l’ignorez pas, il existe un degré supplémentaire dans la protection des Français mais qu’aucun politique n’ose franchir : passer de l’état d’urgence à l’état de siège ! Seul celui-ci permettrait des contrôles de véhicules et d’individus n’importe où et n’importe quand, contrôles qui, certes, n’empêcheraient pas des terroristes de transporter des armes ou des bombes, mais cela — ne le croyez-vous pas ? — rendrait leurs déplacements un peu plus risqués pour mener à bien leurs funestes desseins !

Oh oui, je le sais pour l’entendre depuis des années, « le risque zéro n’existe pas », mais de là à ne pas tout mettre en œuvre pour nous protéger, à commencer par nos enfants : combien d’entre eux ont perdu la vie pendant que certains se retranchaient derrière ce fragile paravent du « le-risque-zéro-n’existe-pas » ? Combien ? Il n’y en aurait eu qu’un seul que cela aurait déjà été trop ! Et vous tergiversez encore à passer à l’état de siège ! Alors qu’une telle décision perturberait les déplacements des islamistes comme, dans les années 60, cela a perturbé les terroristes du FLN ainsi que, d’ailleurs, la vie des membres de l’OAS ! Tout le monde acceptait ces contrôles. Mais, de nos jours, certains, surtout à Paris, ne veulent pas que leur liberté soit gênée. Il s’agit de ceux qui, dès l’annonce d’un attentat, se précipitent sur les lieux du drame (qu’un contrôle, dont ils ne veulent pas, aurait peut-être évité !) pour y déposer un petit mot griffonné par leur gamin… Mais il y a certainement beaucoup de Français qui préféreraient être bloqués quelques minutes chaque jour par un ou des contrôles routiers plutôt que d’aller ensuite se recueillir sur les lieux de massacres…

L’état de siège serait utile sauf que — d’où peut-être la réticence à y recourir — cela ferait passer l’autorité de la police aux armées, donc du civil au militaire… Mais, Français, dormez tranquilles : le ministre a envoyé des consignes aux organisateurs de… spectacles ! Ailleurs, il n’y a aucun risque.

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