Editoriaux - Politique - Presse - Religion - 23 décembre 2016

Noël : le bonheur comme obligation… républicaine

Dans l’insouciance fanatique de cette atmosphère festive de mort collective qui nous étreint, enjambant les rats des villes et les migrants, dans l’attente ardente des attentats musulmans, pour les grands, et celle, impatiente, des présents, pour les encore innocents, il est de bon ton, en ces temps de réjouissances impies, d’être heureux et, à défaut de l’être, d’au moins se montrer tout content.

Le bonheur comme une obligation, la joie de vivre à coups de crédits et de promos, le bonheur consommable, à bas coût, à bon taux par-ci, au kilo par-là, contentement fugace livré, chez vous, en moins de 24 heures. Le bonheur à bon prix, onanisme précoce avant les fêtes, pendant les fêtes, et puis le bonheur en prévision de l’année qui revient, et comme une habitude, comme l’année passée, et comme la précédente et celle d’avant, comme pendant 50 ans, pleine de joie, de croissance et d’espérance. Le plein-emploi, le vivre ensemble. Le bonheur pour tous.

Le bonheur dans la croissance, mais le bonheur plutôt sans la croix, avec le croissant, dans cette république avortée, et ses portées d’avortons périodiques, ses politiques et ses bâtards, sa presse pressée, ses experts, ses chroniqueurs et ses chroniqueuses, ses humoristes branchés, tous et toutes exemples vertueux de ces vieilles putains syphilitiques qui acceptent de se faire baiser par un lépreux, pour conserver les faveurs de leurs proxénètes. Mais qu’importe, car les temps sont au bonheur : faites-vous plaisir, puisqu’on vous le dit, on vous le répète.

Tout ce que vous devez savoir sur le bonheur comme religion d’État, républicain et laïque, ce bonheur, renouvelable et citoyen, c’est : contentez-vous d’être heureux, car le bonheur durable qu’on vous vend est l’unique source de bonheur. Le bonheur laïque comme le sont devenus les crèches, le nom des rues, le nom des saints et les sapins.

Mais dans cette ambiance de fin des temps, le seul qui n’ait pas droit au bonheur, c’est bien le petit Jésus, responsable « à l’insu de son plein gré » de tout ce bonheur revendiqué. En disgrâce, le petit Jésus. Fût-il né à Alep et eût-il bénéficié des ors de la République. Hélas. Peut-être, pour un Noël républicain, devrait-on le remplacer, ce petit Jésus, par le petit Aylan. Ça fait plus citoyen, plus solidaire.

La situation est tellement dépassée qu’on finit par s’en lasser. Et se déclarer heureux par les temps qui courent demeure, quand bien même, le privilège des grands crétins.

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