Editoriaux - Politique - 3 mars 2017

Pourquoi je n’irai pas voir Fillon dimanche !

François Fillon tente un bon gros « bluff » de poker à l’ancienne en lançant une manifestation dimanche prochain. Ainsi, il se rappelle les manifestations de soutien au Général – mais si, le grand-père spirituel de toute notre classe politique – en 68 ou, plus méchamment, des démonstrations de force du Parti communiste d’antan. 

Ainsi, il espère être absous de ses péchés (qu’ils soient réels ou imaginaires) : en gros, s’il se sent aimé et soutenu, il continuera la course à l’Élysée. C’est ainsi qu’il provoque un tollé, puisque cette manifestation d’amour ressemble fortement à une manifestation anti-juges… C’est dire s’il ne peut plus se vanter des scores de la primaire s’il doit redemander un adoubement populaire à ceux qui l’ont choisi. Finalement, par cette manifestation, il avoue sa propre faiblesse en redemandant le suffrage populaire qu’il possède déjà. Plus que l’on ne vole cette élection aux Français, comme il l’affirmait il y a peu, c’est le destin présidentiel de Fillon qui s’envole. 

Ensuite, je ne vois pas pourquoi soutenir un homme qui trahit délibérément sa parole. De ce point de vue, je comprends les désertions des Républicains. Comment un homme qui trahit sa parole et sa probité peut, après, demander aux Français d’être de bonne foi dans les relations contractuelles ou fidèles dans le contrat de mariage ? 

Dans le même registre, les positions de Fillon entre ses idéaux et le réel posent problème. Notamment, il est curieux qu’un homme qui refuse par principe l’avortement (qu’importe ce qu’on en pense, aujourd’hui, ce n’est pas le sujet) affirme qu’il ne fera rien pour le combattre. Ça en dit très long sur la valeur de ces principes et sur leur malléabilité politique.

L’ancien militant contre le mariage gay que je suis jubile : Sens commun empêtré avec son candidat qu’il a choisi au détriment de Jean-Frédéric Poisson à la primaire au premier tour. 

Sens commun a décidé sciemment de troquer ses principes contre une place dans Les Républicains pour « noyauter le parti ». Comme souvent, dans ces cas-là – l’arroseur arrosé -, c’est évidemment Sens commun qui est influencé par le parti et non l’inverse. La preuve : l’esprit partisan veut que Sens commun utilise son réseau de tous les réfractaires au mariage gay au bénéfice de Fillon dans cette manifestation… Quel rapport entre les déboires de Fillon et le mariage pour tous ? 

Les Républicains sont tout aussi responsables que les socialistes dans les quarante dernières années de la débâcle sociale, sociétale et économique. Fillon était le Premier ministre de Nicolas Sarkozy, rappelons-le, et, en tant que chef du gouvernement, il est partie prenante du drame dans lequel la France se complaît aujourd’hui. 

La leçon est peut-être dure pour les électeurs de François Fillon en ce moment, mais il faut qu’ils se posent une question : comment, mordious, François Fillon a-t-il pu laisser une brèche aussi béante dans sa muraille ?
 
Tout ce qui lui arrive, il aurait dû le prévoir ! Et rien que pour ça, je n’irai pas soutenir François Fillon au Trocadéro dimanche !

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