Quand l’École Polytechnique trahit la France et les Français…

Journaliste, écrivain
 

Il y a évidemment les « sauvageons » des cités ; mais les sales gosses de la “haute”, ça existe aussi. Même à Polytechnique. On aurait longtemps pu croire ces derniers droits dans leurs bottes bonaparto-républicaines : ils ne sont finalement vautrés que dans leur pantoufles.

Ainsi, à en croire Le Figaro-étudiant de ce 13 avril : « Voilà déjà deux ans que l’École Polytechnique annonce un imminent décret de son système de remboursement de la scolarité dont les anciens élèves sont censés s’acquitter s’ils quittent le service de l’État. » La fameuse “pantoufle”, leur permettant d’aller exercer dans le secteur privé, au lieu du sein d’un État les ayant pourtant financés par nos deniers interposés.

Même si c’est grossier de rappeler quelques vilains chiffres, surtout lorsque concernant « l’élite de la Nation », une telle scolarité coûte au bas mot 45.000 euros par élève. Le tout aux frais du contribuable, une fois de plus, sachant que tous ces sous sont censés être remboursés, une fois les impétrants ayant plus ou moins intégré les plus hautes sphères de la fonction publique.

Pas de chance, les trois quarts d’entre eux vont faire leur pelote « dans le secteur privé », toujours à en croire le même Figaro. Et oubliant au passage de rembourser à la France l’assez peu modeste pécule qu’elle leur a généreusement octroyé, fut-ce au prix d’une légitime méritocratie et d’un contrat, autant écrit que moral, en admettant que ce vocable puisse encore “faire sens” chez nos actuels et futurs “gouvernants”, tenant d’une « bonne gouvernance ».

Du coup, même le député UMP François Cornut-Gentille s’inquiète de la dérive de cette institution presque multi-centenaire : « La direction se heurte aux arcanes administratives de l’État qu’elle ne semble pas ou ne plus comprendre. Inquiétant pour une école devant initialement former les cadres scientifiques et techniques de l’État. » On ne saurait mieux dire…

L’épineuse question est aujourd’hui entre les mains de Matignon et de son taulier, Manuel Valls. Nul doute que le dossier en question sera assez épais pour au moins caler une armoire normande dans une remise de sa très républicaine résidence. Après, on sera encore en droit de ce demander pourquoi l’argent des plus modestes de nos compatriotes devrait fatalement servir à financer les études de futurs technocrates, certes pas toujours brillants, même si généralement issus de bonnes familles, mais qui n’auront désormais de cesse d’aller se faire la cerise dans on ne sait quel établissement bancaire destiné à plumer les modestes Français en question de leurs ultimes "éconocroques".

À ce titre, le problème n’est pas de savoir si la révolution adviendra ou non ; mais quand elle arrivera, un jour ou l’autre. Ce dernier, il est fort à prévoir, ou à parier, que les hommes et femmes de bien ne seront pas du même côté de la barricade que ces polytechnocrates vivant grassement de la bête qu’ils saignent à petit feu.

Le peuple ne voulait pas de brioches, assurait une reine du temps jadis. Ce sont des pains qu’il devrait tôt distribuer. Et dans leurs faces, tant qu’à faire.

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