Primaires de la gauche : c’est la chenille qui redémarre !

Journaliste, écrivain
 

Certes, il faut bien que la politique colle à son temps et il n’est pas interdit d’être dans le vent ; ambition de feuille morte, comme écrivait le poète.

Mais de là à ce que les primaires de la gauche et du centre en viennent à surpasser celle de la droite et du centre, il y a de quoi se mordre les orteils ; et quand on parle d’orteils, c’est juste pour tenter de demeurer poli.

Une fois de plus, ils seront sept et, à la fin, il n’en restera plus qu’un. Manque de temps aidant, il leur faudra également faire fissa : trois débats entre le 12 et le 19 janvier prochains : pis que les cadences hollywoodiennes, quelque part entre Walking Dead et Fast and Furious

Sachant que la patience est d’essence divine et la précipitation de nature diabolique, tout ce petit monde se trouve donc en pleine improvisation, condamné qu’il est à ce comique de stand-up si cher à Jamel Debbouze. À en croire Le Figaro, citant le « proche entourage » d’un autre candidat, « le représentant de Manuel Valls voulait que la question du terrorisme soit abordée à chaque débat ! On voyait bien la combine, traiter le régalien uniquement sous le prisme sécuritaire, mettre en valeur l’ancien ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre qui a géré les attentats… »

La ficelle aussi grosse qu’un câble… D’ailleurs, « gérer les attentats », quoi ça être, exactement, hormis mettre en place ces fameuses « cellules de soutiens psychologiques », pour ensuite aller épingler des décorations sur des cercueils ?

Assez justement, Benoît Hamon rappelle : « On ne va pas faire le débat de la primaire de la gauche sur le terrorisme » tandis qu’un proche de Vincent Peillon souhaiterait que ce débat revienne au « social et à l’économie », cœurs de cible de la gauche.

Pour le reste, mieux qu’un karaoké, tout devrait être minutieusement minuté.

Alors que leurs prédécesseurs avaient droit à une minute d’intervention, ceux-ci bénéficieront – qu’on se le dise – d’une minute et demie de clapoir. Voilà qui, à l’évidence, devrait tout changer pour l’avenir de la France et de ses proches environs.

On nous apprend aussi que les projets gouvernementaux de Vincent Peillon et Manuel Valls en seraient encore à l’état d’ébauche, tandis que ceux de Benoît Hamon et Arnaud Montebourg demeureraient au stade du peaufinage. On vous fera grâce des viatiques de François de Rugy, Jean-Luc Bennahmias et de Sylvia Pinel, respectivement hérauts de l’écologie recyclés par le centrisme de combat et du radicalisme de gauche en soins palliatifs, qu’il serait sûrement des plus humains d’achever, juste histoire d’abréger leurs souffrances de fin de vie.

Pour ajouter à ce bel ensemble orchestré de main de maître, une dernière question se pose : qui votera à ce scrutin ? Ben, à peu près tous les pékins disponibles ou presque ; soit, globalement, tout le monde et tout un chacun.

C’est avec impatience qu’on attend donc la première saison de ce feuilleton s’annonçant comme des plus passionnants. Entre Walking Dead et Fast and Furious, tel qu’écrit plus haut. Quoique Dead (pas très Walking) and Furious (encore moins Fast) serait un titre autrement plus approprié.

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