Manif pour tous : le mépris affiché du Monde !

Journaliste, écrivain
 

Chez Jean-Luc Godard, Le Mépris peut être classieux, croupe de BB oblige ; au Monde, il est juste méprisable. Ainsi, en apprentis entomologistes, les tâcherons du fameux quotidien vespéral ont-ils entrepris de dresser une sociologie des associations formant le collectif de La Manif pour tous. Mépris, donc, qui évoque « La Grande Illusion », pour continuer de filer la métaphore cinéphilique.

Ces associations seraient donc au nombre de 37. Sous d’autres lieux et d’autres latitudes, cela serait tenu pour indéniable succès ; là, non : « En apparence, la Manif pour tous représente de larges pans de la population. En apparence seulement. Car en réalité, nombre de ces mouvements sont des coquilles vides qui n’ont aucune existence. Quant aux autres, ils sont presque tous liés à l’Église, soit directement, soit par les engagements de leurs responsables. » Ils attendaient quoi, les mecs, des adeptes de Raël, du Grand Orient de France ou de Riposte laïque ?

Et Le Monde de s’étonner, dans un graphique en forme de camembert, de ce tiers de « coquilles vides », les deux autres tiers étant le fait d’associations « religieuses ». Soit. Et alors ? Oui, la plupart de ces associations ont été montées dans l’urgence. Leurs sites Internet ne sont pas forcément quotidiennement remis à jour et certaines ont sûrement dû oublier de se faire enregistrer à la préfecture. Et alors, une fois de plus ? C’est du happening… Fait à la ramasse. Soit tout ce que Le Monde devrait aimer. Ras l’front, bidule antilepéniste, n’a jamais vraiment eu non plus, ni raison sociale officielle, ni pas-de-porte soumis à patente. Pas plus que les Femen, collectif inattendu, mais dont la légitimité administrative se limite à une seule page Facebook. Pourtant, ces deux « organisations » ont toujours eu table ouverte et ronds de serviette allant avec, dans le journal jadis fondé par un Hubert Beuve-Méry qui doit depuis se retourner dans sa tombe, façon centrifugeuse.

Les Femen, au fait, petites chéries de l’inénarrable Caroline Fourest, qui est un peu à l’homophilie ce que Riposte laïque est à l’islamophobie, déclarent ainsi, en forme de carnet de route intellectuel : « Nos seins sont nos armes.

Sors, déshabille-toi et gagne ! » Bravo. C’est beau comme une vidéo de chez Marc Dorcel ; sauf que chez le pornocrate en question, les donzelles sont moins farouches qui, non contentes de dévoiler le haut, exhibent également le bas, tout en n’hésitant pas à s’en servir.

Il n’empêche que, pour les limiers du Monde, plus d’un million de Français de toutes origines, de toutes confessions et de toutes opinions, ce n’est rien. Élémentaire charité chrétienne, il est de notre devoir de leur rappeler que LGBT, c’est, par grand vent, 1 300 adhérents et Act Up, 150 seulement…

Dialoguer avec des cons participe immanquablement de l’exercice périlleux, sachant qu’on prend aussi le risque de les instruire. Nonobstant, ne barguignons pas et allons-y franco, tel qu’aurait dit le défunt général. Le Monde, toujours lui, s’étonne donc de la présence d’associations catholiques, protestantes et même musulmanes dans le collectif en question. Et se hérisse ensuite de la participation des Fils de France, association de Français de confession musulmane très en pointe dans l’affaire ; voire d’un autre collectif, Homovox, paraît-il composé d’homosexuels qui seraient catholiques de tradition. Et alors, être à la fois pédé et catho, ce ne serait pas une grande première.

Il y a encore un fait qui aurait pu faire figure d’étonnement d’enfant pour ces gens : la position des Français ultramarins. En effet, revenant juste de vacances martiniquaises, j’ai pu voir plusieurs camionnettes arborant le logo de la Manif pour tous, assorti de ce slogan : « La Martinique contre le mariage pour tous ». Après discussion autour d’un rhum vieux avec ces militants, cette simple réponse de bon sens : « Chez nous, il y en a autant qu’en métropole. On les appelle juste les “messieurs-dames”. Ils sont comme ils sont, personne ne les embête. Mais jamais ils n’auraient l’idée de fonder une famille. Parce que chez nous, la famille, c’est important. C’est papa dans maman… » Rhétorique un brin sommaire, certes. Mais qui ramène aux fondamentaux de ce qu’on peut appeler une civilisation. Après, allez seulement expliquer tout cela aux « journalistes » du Monde

Nicolas Gauthier
Journaliste, écrivain

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