Grâce à Farida Belghoul, les catholiques se lâchent et les musulmans se libèrent…

Journaliste, écrivain
 

Le 19 février dernier, conférence de presse du mouvement Journée de retrait de l’école, menée par Farida Belghoul. Conférence de presse d’un genre inédit, sachant que la « grande presse » n’y était pas conviée, Farida Belghoul, ex-égérie de la seconde Marche des beurs, millésime 1984, n’avait souhaité recevoir que les médias « alternatifs » ; ce qui faisait tout de même pas mal de monde. Pas mal de monde sur la tribune, aussi. Qu’on en juge :

Christine Boutin (présidente d’honneur du Parti démocrate-chrétien), Béatrice Bourges (porte-parole du Printemps français), Alain Escada (président de Civitas), Albert Ali (essayiste, Rassemblement des musulmans souverainistes), Nabil Ennasri (essayiste), Mourad Salah (élu municipal), Ahmed Miktar (président du Conseil des imams de France), Jean-Pierre Dickès (président de l’Association catholique des infirmières et médecins) ainsi que l’abbé Guillaume de Tanoüarn.

Décidément, l’actuel gouvernement est épatant, obligeant des gens n’ayant pas forcément vocation à se rencontrer à désormais se côtoyer. L’occasion aussi de vider quelques abcès. Béatrice Bourges qui houspille le clergé catholique pour sa pusillanimité. Farida Belghoul qui tire les oreilles des imams pour leur tiédeur, alors qu’il y a incendie dans la baraque.

De fait, il y a là le gratin de la galaxie franco-musulmane, allant de la gauche à la droite du spectre en question. Mais aussi la crème des catholiques de tradition, pas toujours d’accord entre eux, comme il se doit. Mais encore des personnalités issues d’autres univers, juifs et protestants. Rencontre improbable mais qui, pourtant, a bel et bien eu lieu. Au cœur du débat, cette fichue théorie du genre. Là, mise en pièces de tous côtés.

D’un point de vue théologique, tout d’abord. Sous le signe de l’entente islamo-chrétienne, l’abbé Guillaume de Tanouärn rappelle à juste titre que le champ sociétal et politique est le seul permettant un véritable dialogue interreligieux, loin d’un vague syncrétisme mou. Ce à quoi les imams présents ne peuvent qu’applaudir ; ce qu’ils font, d’ailleurs.

Cette famille, microsociété, fondement des sociétés humaines, au-delà des frontières et des religions, d’autres l’ont encore défendue, sous l’angle médical, par la voix d’un Jean-Pierre Dickès, assurant à des journalistes en ayant pourtant vu d’autres que 42 % des transsexuels finissaient par se suicider… De douleurs physiques et, surtout, de souffrances morales. À ce titre, la description physique de ces opérations a de quoi faire froid dans le dos, dans le bas des reins et même jusqu’au fond du calbut… Il est bien que de temps à autre les choses soient dites pour de vrai.

Pour le reste, Alain Escada, président de l’association Civitas, fait en quelque sorte le greffier. Qui, à l’aide de seuls documents administratifs, parfaitement officiels et tous disponibles sur Internet, démonte minutieusement ce qui commence à s’apparenter à un mensonge d’État.

Alors oui, et sans même évoquer la naissance d’un « Front du sacré » dont les contours sont éventuellement encore à définir, quelque chose d’historique s’est passé ce jour-là. Comme une hirondelle qui annoncerait un joli printemps français.

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