Effet Taubira ? Un pédophile relâché par la justice…

Journaliste, écrivain
 

Il y a des faits divers qui en disent long. Celui de ce pédophile toulonnais, en l’occurrence. De ce « brave » militaire — et peut-être, allez savoir, valeureux au combat… — qui viole sa nièce à cinq fois et qui, tout juste mis en examen, se retrouve… relâché. Relâché sous contrôle judiciaire, certes, mais relâché tout de même.

Voilà qui donne évidemment du grain à moudre aux adversaires du garde des Sceaux, Christiane Taubira, et de sa politique « anticarcérale ».

Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Synergie-Officiers, trouve les mots justes lorsque dénonçant « cette affaire qui vise des faits d’une extrême gravité. C’est un scandale qui risque d’avoir l’effet d’une bombe. Elle prouve une fois encore qu’il existe un gouffre entre le travail de la police, qui travaille pendant des mois pour confondre un prédateur, et une réponse judiciaire qui démotive les fonctionnaires engagés sur le terrain. »

Que nous dit ce énième drame ? Deux choses au moins.

La première, c’est que notre société semble avoir oublié le caractère sacré de la vie, et surtout de celle des plus faibles ; vieillards abandonnés dans des mouroirs, enfants laissés en proie aux instincts les plus bas ; sans même évoquer cet avortement de masse devenu simple moyen de contraception : une société qui massacre ses propres enfants, ce n’est jamais bon signe. En ce sens, il n’est pas forcément besoin d’être catholique pour méditer ce verset de l’Évangile selon saint Matthieu (18,6) : « Mais si quelqu’un scandalise un de ces petits qui croient en Moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît son cou à une de ces meules qu’un âne tourne et qu’on le plongeât au cœur de la mer. » Il s’agit là de la seule condamnation formelle prononcée par un Christ ayant plutôt l’habitude de pardonner à tout le monde ou presque, putain, publicain, Romain et bon larron ; peut-être même le mauvais, allez savoir… Le crime en question n’a donc rien d’anodin. D’un autre côté, une société qui sexualise ses petits – voir l’interdiction tardive des concours de mini-miss –, les travestit en objets de désir, peut-elle ensuite s’étonner que les « objets » en question puissent faire celui de travaux pratiques, et en famille tant qu’à faire ?

La seconde est d’ordre plus pratique que philosophique : cette société, la nôtre, qui renonce à mettre hors jeu ceux qui la menacent est une société qui renonce à se défendre. Que ce soit par trouille ou tout simplement parce qu’elle ne sait plus au nom de quelles valeurs se défendre ; ce qui relève alors plus de l’esprit de décadence avancée que de la simple trouille.

Il est à craindre que nous n’en soyons là.

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