« Affaire Théo » : les zartistes se mobilisent !

Journaliste, écrivain
 

Les zartistes, du moins certains, sont des gens épatants. Car ils s’engagent. À quoi reconnaît-on un zartiste ? C’est qu’avec lui, le fâchisme ne passera pas. Autre signe distinctif – mais attention à tout ce qui pourrait relever du vocable discriminatoire : le zartiste engagé est généralement en fin de carrière ; voir Renaud et ses bajoues de phoque syphilitique qui revient dans l’arène politique. Avant, cela aurait pu être Rocard, sinon rien. Là, ce sera juste un double Fillon sans glace.

Les zartistes, donc, s’engagent. Contre l’injustice et la pluie, pour les bisous et le beau temps. Et c’est ainsi que ces claudicants demi-solde d’un mitterrandisme finissant viennent d’effectuer un dernier tour de piste, en forme d’ultimes adieux à la scène, façon âge de moins en moins tendre et tête de gnou en bois de mer.

Car la violence policière, les zartistes sont contre. Carrément contre. Ainsi, Patrick Benguigui et Jean Bruel (oups ! Ça doit être le contraire), Mathilda May (très joli regard de 115 C dans Lifeforce, tout aussi joli nanar de Tobe Hooper), sans oublier une Josiane Balasko de plus en plus pathétique (que ne va-t-elle, en cette saison, bronzer tout en allant faire du ski ?), pour citer les plus connus, viennent-ils de signer une pétition pour défendre « Théo ».

Déjà, c’est marrant d’appeler ce jeune homme par son seul prénom.

Voilà qui fleure bien les basses méthodes de la haute société : « Mon bon Edgar, veillez à ce que le petit déjeuner de madame soit prêt dès sept heures demain. Et toi, Mouloud, n’oublie pas de briquer les écuries à neuf, car après, madame s’en va chevaucher… » Si la nationalité française s’hérite ou se mérite, le mépris de classe, lui, relève plus de l’inné que de l’acquis. D’où la singulière vision irénique que les zartistes ont des « quartiers difficiles » ; comprenez : « banlieues de merde, gangrenées par le deal et le salafisme ». D’où cette sortie, typiquement zartistique : « Dans ce pays des droits de l’homme, y a-t-il une justice pour les hommes à la peau sombre et une pour ceux qui portent l’uniforme ? »

Le texte en question, signé par les zartistes plus haut évoqués, a évidemment été rédigé dans l’urgence ; entre brunch et spa, le zartiste, toujours pressé, a évidemment autre chose à foutre. Il s’agit donc d’agir « avant qu’il ne soit trop tard ». Là, on ne saurait pas donner tort aux zartistes, sachant que, les lois statistiques étant ce qu’elles sont, il leur faut bien mettre une balle dans le panier de temps à autre.

« Avant qu’il ne soit trop tard », assurent les zartistes… Eh bien, pour gagner du temps, imaginez juste que les mesures prônées par une certaine Marine Le Pen – une femme à l’Élysée, voilà qui devrait donner un nonos à ronger aux zartistes – puissent, enfin, être mises en œuvre. Les immigrés clandestins, dehors ! Les immigrés réguliers, mais du genre chômiste délinquant, même avec des papiers plus ou moins officiels, dehors ! L’uniforme à l’école et les coups de règle sur les doigts. Des torgnoles pour les trublions – j’en parle d’or, en ayant tant pris dans ma prime jeunesse quand mes profs de gauche me reprochaient d’être trop à droite. Même le pékin moyen se rendra compte qu’a défaut d’aller mieux que bien, tout ira moins mal qu’avant.

Mais allez faire comprendre ça à un zartiste dont les enfants sont scolarisés dans des écoles de riches, et qui, une fois rentrés à la maison, sont pris en charge par la baby-sitter ou le précepteur, because que papa et maman, ou papa et papa, ou maman et maman sont partis applaudir Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon à un meeting citoyen, tout en n’ayant pas oublié de houspiller la bonne marocaine au passage et menacé la concierge portugaise de ne pas lui verser ses étrennes si elle persistait à regarder de travers ces humanistes distingués.

On dira que l’auteur de ces lignes exagère. Pas tant que ça, finalement. Marine, au secours ! Comme aurait pu dire Jean-Marie…

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