Discours - Editoriaux - Histoire - Politique - Table - Théâtre - 18 juillet 2018

Nicolas Sarkozy, « point Godwin » de toute réflexion politique française ?

Le « point Godwin » de toute réflexion politique française, c’est Nicolas Sarkozy et Boulevard voltaire en est, entre autres titres, un bon exemple.

Georges Michel, dans ces colonnes le 12 juillet dernier, à propos des personnalités politiques qui ont rendu visite à la reine d’Angleterre et n’ont pas obéi au code de bienséance, mêle injustement Nicolas Sarkozy aux malotrus, en invoquant un tout autre sujet : la non-invitation de la famille royale pour la commémoration du soixante-cinquième anniversaire du débarquement en Normandie, qui aurait mérité, lui, un large développement et des explications.

Christian Combaz, dans « Je suis né ici et j’aimais bien ce coin avant. Avant quelle époque ? » (Boulevard Voltaire du 27 juin), nous parle d’un habitant des cités qui a la nostalgie de l’époque qui a précédé « l’épisode du Kärcher », nous en donne la preuve.
Laisser penser qu’avant les propos « imagés » de Nicolas Sarkozy (« Dès demain, on va nettoyer au Kärcher la cité. On y mettra les effectifs nécessaires et le temps qu’il faudra, mais ça sera nettoyé ») prononcés le 19 juin 2005 dans la cité des 4.000 à La Courneuve, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cela relève du « reductio ad Sarkozum ».

Cela allait, d’ailleurs, tellement bien qu’un enfant de 11 ans, victime collatérale d’une rixe entre deux bandes, faisait l’événement qui avait justement provoqué la visite du ministre de l’Intérieur ce jour-là.

Tout cela relève d’une telle manipulation que l’auteur de ce curieux raisonnement avoue, dans la vidéo incriminée, qu’il était bien content d’avoir trouvé le prétexte pour se « payer » notre ancien président de la République. En s’appuyant sur les dires contestables d’un primo-habitant du quartier, sans d’ailleurs apporter la preuve de leur authenticité, Christian Combaz se dédouane un peu facilement.

Les exemples où l’ancien locataire de l’Élysée est cité de manière inopportune sont légion, et cette inopportunité se retrouvent systématiquement lorsque le Président Macron commet un impair. Le moindre commentateur politique émet alors le fatidique : « Comme Nicolas Sarkozy. »

Comparer l’actuel Président de la France, lors de sa visite au Vatican, faisant la petite blague sur les Bretons et posant la main sur l’épaule du pape, comme on le fait avec un copain rencontré dans la rue, avec un Nicolas Sarkozy préoccupé par son smartphone, dans les même circonstances, ne fait pas très sérieux.

Que dire encore de « L’homme africain qui n’est pas encore entré dans l’Histoire » prononcé dans un discours officiel par Nicolas Sarkozy, et sorti de son contexte, comparé à l’affront fait au Président burkinabè, dans son pays, à l’université de Ouagadougou.

Pourtant, avec le roman national et nos ancêtres les Gaulois, avec le ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, avec la conviction qu’il fallait revoir les accords de Schengen, avec sa réflexion sur la mission de nos forces de sécurité intérieure (le rôle d’un policier est-il de jouer au football avec des délinquants ?), Nicolas Sarkozy avait anticipé sur bien des questions que nous aurions à nous poser tôt ou tard.
Malheureusement, les Français n’étaient pas mûrs pour comprendre cela. Le grand théâtre des attentats sur notre sol, avec les trois coups du lever de rideau effectué par Mohammed Merah, n’a débuté qu’à la fin de son mandat, et le « Sarko bashing » avait déjà produit ses effets.

Finalement, en faisant de Nicolas Sarkozy le point Godwin du débat politique français, ses détracteurs ne se dédouanent-ils pas, en creux, de ce sévère bashing qu’ils lui ont fait subir ?

(À l’heure où j’ai écrit ces quelques lignes, je n’avais pas encore vu le triste spectacle : « Les Bleus, la cité et Macron à l’Élysée. » Sarkozy avait abaissé la fonction présidentielle, nous disait-on).

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