Présidentielle 2017

Nicolas Sarkozy chez Bourdin : retour sincère et gagnant ?

 

Chacun connaît les limites et les petitesses de M. Sarkozy. Et il faut dire que les médias, la gauche, son propre camp et lui-même ne se sont jamais privés de ne nous montrer qu’elles. Ce fut le temps de l’anti-sarkozysme. Et cela nous donna Hollande. Le quinquennat que l’on aimerait effacer. Un abaissement de la France et de la fonction présidentielle sans précédent: Monsieur 4%. Une économie à l’arrêt. Un peuple traumatisé par les attentats islamistes et la vague migratoire. Un sentiment d’abandon. Et de révolte.

Avec ce recul, on a du mal à suivre les analyses et les choix de ceux qui, par réflexe anti-sarkozyste, votèrent Hollande. Les conséquences de leur égarement, la France et les Français les paient au prix fort, cinq ans après. Et l’on éprouve un réel malaise à les voir aujourd’hui, toujours aussi péremptoires qu’en 2012, soutenir aveuglément M. Juppé : MM. Bayrou et Bilger, par exemple. Les Français ne choisiront peut-être pas M. Sarkozy, mais il serait regrettable qu’ils choisissent leur prochain Président, comme en 2012, seulement par anti-sarkozysme.

M. Bourdin fut aussi de ce club anti-sarkozyste qui vota Hollande. On peut donc comprendre que l’ancien Président ait attendu 5 ans avant de remettre les pieds dans le studio de « Bourdin Direct ». On a dit que c’était plutôt parce que c’était là, chez Bourdin, qu’il avait déclaré qu’il quitterait définitivement la vie politique et qu’il redoutait d’être confronté à cette vérité d’alors.

L’interview a donc commencé par ce premier mensonge. Réponse habile, et sincère : oui, M. Sarkozy s’est bien retiré de la vie politique. Deux ans. Et il est revenu car sa famille politique menaçait d’imploser. Pas faux : souvenez-vous, c’était la guéguerre Copé-Fillon, déjà une histoire de pains au chocolat et de tricherie dans la cour de récré…

Et, à bien y réfléchir, à voir M. Sarkozy batailler dans cette primaire, flanqué de ces deux-là, de NKM, de BLM, tous ces anciens ministres qui lui doivent leur carrière, de l’OVNI Poisson et du totem anti-sarkozyste Juppé, on se prend à se dire : « Mais bon sang, oui, heureusement qu’il est là… »

Mais comme on aimerait, s’il réussissait son retour, qu’il ne reprît pas à son service tous ces garnements qui l’ont si bien vilipendé, ou trahi, et qui ne représentent guère le peuple de droite. Et que, dès maintenant, il s’entoure mieux.

Pour le reste, sur la question du voile, l’immigration, le terrorisme, la police, les questions économiques, on peut au moins le créditer d’une vision réaliste et ferme, forgée par les leçons de l’expérience.

Dans les semaines d’introspection qui s’ouvrent, où le peuple de droite va devoir choisir le prochain Président pour une période qui s’annonce difficile, cette expérience, cette sincérité bienvenue sur ses échecs, ce pragmatisme et cette compréhension d’un électorat en état de révolte ne sont pas les moindres atouts de M. Sarkozy. Tout autant que les braises fatiguées d’un anti-sarkozysme primaire et périmé sur lesquelles certains, faute de mieux, s’époumonent à souffler.

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