Justice

Nicolas Hulot : une nouvelle tempête dans le bénitier féministe. Et elle laisse perplexe


Membre du comité directeur de l'Action Française

 

Je sais que nous avons, au plan national comme international, des sujets plus graves à traiter dans ce monde instable et rempli de menaces, mais l’affaire qui agite les médias autour de Nicolas Hulot mérite qu’on s’y arrête, car elle révèle un état d’esprit propre à ce siècle.

En effet, notre société s’est libérée du contrôle social avec les grandes cités où vivent, ensemble, des millions de personnes dans l’anonymat, Le lieu de travail est à peu près le seul espace, précaire le plus souvent, où s’établit, bon an mal an, une forme de lien social, alors que, par ailleurs, les familles sont éclatées, la mobilité obligatoire, l’enracinement impossible… Les mœurs sont réduites à une consommation apportant la jouissance aussi soudaine qu’éphémère, avec une absence totale de verticalité…

D’où le drame psychologique que représente le chômage, privant l’individu du seul lien social qui souvent subsiste.

L’homme ou la femme qui jouit d’un peu de célébrité dans un tel contexte où les médias, officiels comme alternatifs, sont à l’affût est forcément exposé au lynchage dès que la moindre rumeur est portée par le vent mauvais de personnes malintentionnées.

Dans un monde où seules les vedettes sont identifiées, les foules frustrées, qui ne se sentent pas insérées dans la communauté qui les entoure, sont forcément fascinées par les mésaventures de ceux qu’ils admirent et qu’ils jalousent à la fois.

Nicolas Hulot, marié et père de famille, se sentait menacé par cette rumeur relative à des faits anciens, dont la gravité supposée est très probablement non avérée. Sa position de ministre devait naturellement le fragiliser et exercer une attraction irrésistible chez ceux qui vivent, par scandales médiatiques interposés, du malheur des autres. D’autant qu’on est encore au cœur d’une hystérisation féministe autour des agressions sexuelles qui font de la femme et de l’homme des ennemis héréditaires. L’on a même vu des vidéos fantasmagoriques où des jeunes femmes expliquaient, en s’appuyant sur un pseudo-ouvrage scientifique, que la femme était moins développée physiquement que l’homme, parce que ce dernier, depuis Cro-Magnon, la privait de steaks ! Que ne lui a-t-elle donné un coup de massue dès les origines !

Je ne sais si le travail du ministre de la Transition écologique est bien fait et répond aux attentes des Français, ce qui supposerait une analyse objective de nature politique et non politicienne. Mais voilà que cette tempête déclenchée dans le bénitier féministe vient polluer et dénaturer les enjeux du politique pour nourrir, non sans démagogie, les passions malsaines et voyeuristes d’un peuple sans espérance réduit au matérialisme le plus trivial qui mesure son existence à son degré de consommation, fût-elle le produit de la calomnie. La rumeur villageoise, à l’origine de bien des chefs-d’œuvre littéraires, est gonflée à la taille de la nation. Le talent n’y est plus de mise…

À qui profite le crime ? Il est bien difficile de le déterminer, tant la machine de destruction est prête à s’emballer à la moindre impulsion.

Les peuples de zombies qui réélisent à chaque scrutin les mêmes manipulateurs, les mêmes magiciens d’Oz, lesquels savent à chaque fois se parer de nouveaux atours pour se faire plus neufs, plus « dégagistes », possèdent toujours cet art ancestral qui consiste à livrer au bûcher ceux que l’on a adulés la veille. C’est une forme de catharsis, qui calme les foules après le sacrifice. Une fois que le sang a coulé, chacun rentre chez soi rassasié jusqu’à la prochaine crise…

Membre du comité directeur de l'Action Française

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