Nicolas Hulot méprise les agriculteurs

Cliquez pour acheter

« Chiant du matin au soir » : c’est ainsi que Nicolas Hulot qualifie ses nouvelles fonctions au sein du gouvernement. Pourtant, lorsqu’on lui demande s’il souhaite démissionner, c’est non… Nommé le 17 mai dernier dans l’équipe d’Emmanuel Macron, le ministre de la Transition écologique et solidaire planche sur des dossiers brûlants : nucléaire, diesel, glyphosate, perturbateurs endocriniens, etc. De sa vie passée de journaliste, l’ancien « Monsieur Nature » de TF1 a conservé l’image d’un écolo convaincu, reflet de ses convictions profondes. Or, entre les convictions et la réalité, il y a un pas : le pragmatisme.

À l’époque d’« Ushuaïa », Nicolas Hulot va chercher l’argent « là où il est » – c’est-à-dire auprès d’industriels comme le chimiste Rhône-Poulenc. Quid, aujourd’hui, de ce sens du réalisme ? La fin pouvait justifier les moyens, comme il l’a montré pour « Ushuaïa ». Le prix à payer pour que l’émission ait de la visibilité et puisse être diffusée à des horaires de forte audience. Sans l’argent de la publicité ou de mécènes, c’est un objectif difficilement atteignable.

L’exploitation généralisée de la marque Ushuaïa lui a permis d’acquérir un patrimoine financier colossal de 7,3 millions d’euros, ce qui en fait le deuxième ministre le plus riche du gouvernement.

Outre son salaire de l’époque pour présenter l’émission (30.000 euros par mois), Nicolas Hulot a accumulé 3,1 millions d’euros de droits d’auteur et de royalties grâce à la commercialisation d’une soixantaine de produits dérivés : gels douche, sacs à dos, lunettes de soleil, chaîne de télévision, magazine papier, livres, DVD, jeux de société, etc. Le tout pour un chiffre d’affaires estimé à 100 millions d’euros par an.

Par ailleurs, les dernières révélations du Parisien interrogent sur la profondeur de l’engagement de Hulot. Prétendument opposé à l’essence et au diesel, il ne posséderait, en réalité, pas moins de neuf véhicules à moteur : six voitures, un bateau, une moto et un scooter… électrique ! Quatre d’entre eux ont plus de vingt ans et « ne respectent sans doute pas les dernières normes antipollution ». Des révélations difficiles à avaler pour ceux qui sont en ligne de mire et subissent les choix du gouvernement.

C’est le cas des agriculteurs, pourtant déjà bien en peine. En ramenant le délai de l’interdiction du glyphosate à trois ans au lieu de cinq, le gouvernement actuel va causer un tort immense à la profession, avec une baisse du rendement agricole de 12 %, selon Ipsos. Ayant des revenus très faibles, les exploitants agricoles peinent déjà à survivre. Devront-ils déposer une plainte, à l’instar de leurs homologues américains ? Avec la suppression du glyphosate, élément contenu dans des désherbants peu chers sur le marché, c’est vers des produits coûteux que les agriculteurs se tourneront, comme l’acide pélargonique. M. Travert, le ministre de l’Agriculture, tente en vain de faire entendre la voix des agriculteurs en colère. Il souhaite « voir où la France en sera dans trois ans » avant d’acter la suppression du glyphosate. L’évaluation des contraintes financières et matérielles n’est pas à prendre à la légère, pour ceux qui sont issus d’une profession en crise. Nicolas Hulot est sourd. Il va même jusqu’à bouder les états généraux de l’alimentation, refusant le débat. Caprice de diva dont il a le secret ou vérité trop dure à entendre ? Pendant ce temps, nos agriculteurs triment.

Commentaires fermés sur Nicolas Hulot méprise les agriculteurs

À lire aussi

Arkéa : les Bretons sont-ils pris pour des « cons » ?

Comble de l’ironie, les salariés bretons d’Arkéa ont manifesté, le 17 mai à Paris, pour so…